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18 juillet 2015 6 18 /07 /juillet /2015 16:17

Chronique d’une catastrophe annoncée ?

http://www.impact24.info/chronique-dune-catastrophe-annoncee/

Un chiffre tourne en boucle dans les gazettes : 19 milliards de dollars. Ce chiffre correspond, on l’aura compris, à la baisse des réserves de change de l’Algérie durant le dernier trimestre. A ce rythme, ces réserves seront réduites à zéro dans une petite dizaine de trimestres, soit un peu plus de deux ans…

Il ne faudra pas compter sur un rebond des prix du pétrole. L’Iran fait son retour sur le marché des hydrocarbures qu’il promet d’inonder pour y retrouver ses parts. L’Arabie Saoudite s’affranchit des règles de l’OPEP et ouvre grands ses robinets pour tirer les prix vers la bas, espérant ainsi limiter les rentrées financières d’un Iran aussi craint que détesté. Les Etats-Unis sont désormais autosuffisants grâce au gaz et au pétrole de schiste. "Cerise sur le gâteau", la chaleur croissante des derniers étés donne du corps aux signaux d’alerte lancés par les écologistes et pousse de plus en plus à l’abandon des combustibles fossiles au profit de sources d’énergie renouvelables.

"Brillant" résultat d’un demi-siècle de gestion autoritaire, bureaucratique, sur fond de corruption endémique, l’Algérie dépend à 97 % d’une ressource en voie de ringardisation. Les tentatives pathétiques de prolonger l’ère de la manne pétrolière, notamment en ouvrant la porte à l’exploitation du gaz et du pétrole de schiste, ne font plus illusion. Elles n’aboutiront, au mieux, qu’à ajouter à nos malheurs du moment, en léguant aux générations futures un désert dont on aura rendu inutilisable son élément le plus précieux, l’eau. Le sommet du pathétique est atteint par l’annonce de la "découverte" de terres rares dont l’Algérie détiendrait 20 % des gisements mondiaux… A supposer que cette information soit avérée, il n’est pas inutile de méditer sur l’exemple du Congo. Ce pays détiendrait 80 % des réserves mondiales de coltan, ce fameux alliage naturel sans lequel nos téléphones portables seraient muets. Il a payé cette "richesse" de millions de morts et de records en matière d’analphabétisme, de sous-alimentation et de corruption. Il est l’illustration caricaturale de l’illusion qui consiste à fonder le bien-être d’un peuple sur une ressource naturelle non renouvelable.

Le Pouvoir entretient cette illusion. Dans l’incapacité d’imaginer un développement fondé sur le travail et l’intelligence des hommes et des femmes, il s’obstine à chercher des substituts à la rente pétrolière. Cette attitude est vouée à l’échec.

En dépit des nombreux signaux avertisseurs, l’Algérie va se trouver face à un mur et il va être de plus en plus problématique d’éviter la collision qui se traduira, au mieux par une paupérisation massive, au pire par une généralisation de la violence dont on observe les germes un peu partout dans le pays. L’Algérie a eu un avant-goût de ces scenarii. Les Algériens savent ce qu’il en coûte de passer sous les fourches caudines de la Banque Mondiale et du FMI, passage auquel elle sera inévitablement contrainte. L’explosion sociale, préfiguration précoce des printemps arabes, a produit l’anarchie, le désordre, et a débouché sur l’épouvantable décennie noire et ses dizaines, voire ses centaines de milliers de victimes.

Si rien n’est fait immédiatement, cette parenthèse risque de nous apparaître comme une aimable répétition de ce que nous risquons de connaitre dans un avenir proche…

Que faire ?

Le Pouvoir, l’opposition, les dirigeants d’entreprise, doivent prendre leurs responsabilités. Ils doivent décider d’une rencontre dont le sujet serait rien moins que le sauvetage de l’Algérie. Cette rencontre pourrait prendre la forme d’états généraux chargés d’élaborer une charte dont le but serait de définir les conditions de la rupture, EN BON ORDRE, avec un système qui mène le pays à sa perte. Cette charte devra être basée sur un socle de valeurs "oubliées". Elle proclamerait le début d’une nouvelle ère dans laquelle les idées de justice, de rationalité, de liberté et de respect de la diversité retrouveraient tout leur sens. Une telle initiative pourrait être couronnée par un référendum populaire. Sur fond de désespoir, une attente sourde émane de notre peuple. Recru d’épreuves, malade du spectacle de la gabegie et des miasmes fétides de la corruption, paralysé par la peur d’un déferlement de violence dont il voit les prémisses chaque jour, il aspire à retrouver une forme de normalité et de stabilité. Il sait, consciemment ou non que la paix, le développement et le progrès ne peuvent être acquis par le silence, le repli sur soi et le renoncement au monde. Il espère au fond de lui-même que ceux qui le dirigent et ceux qui aspirent à le faire auront suffisamment de sens patriotique pour lui éviter l’enfer.

Ambition démesurée, penseront d’aucuns. Peut-être, mais y a-t-il une autre voie de salut ?

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Published by Brahim Senouci
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salah 19/07/2015 19:20

Evidemment non ,mais comment concilier , salut et statut quo .l analyse logique a la quelle d aucun ne peut déroger cependant , comment y parvenir à convaincre les tenors du régime , à s u souscrire en toute confiance et conviction pour le bien et l avenir de tout un peuple .
notre salut réside , dans un consensus sage et indispensable autour d'u ne plate ou d une charte de transition et de sortie de crise , à laquelle toutes les forces du pays seront associées sans exclusion aucune .au cas contraire , la kadara allah , et ce que personne ne souhaite, il n est pas du tout exclu de s' attendre au pire de ce qu on vécu , pour les multiples et nombreuse raisons que vous avez , parfaitement bien évoquées .

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