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16 juin 2010 3 16 /06 /juin /2010 10:20

La nonne et la CGT

Si tout le monde avait leur humour...

Voici deux lettres, toutes deux authentiques (novembre 2004).

L'une a été écrite par Soeur M., moniale visitandine à Nantes. L’autre, la réponse, est

signée par Bernard Thibault, secrétaire général de la CGT.

Lettre adressée par Soeur M. à la C.G.T.

Madame, Monsieur,

Religieuse cloîtrée au monastère de la Visitation de Nantes, je suis sortie, cependant, le 19 juin,

pour un examen médical. Vous organisiez une manifestation. Je tiens à vous féliciter pour l'esprit bon

enfant qui y régnait. D'autant qu'un jeune membre de votre syndicat m'y a fait participer ! En effet, à

mon insu, il a collé par derrière, sur mon voile, l'autocollant CGT après m'avoir fait signe par une

légère tape dans le dos pour m'indiquer le chemin. C'est donc en faisant de la publicité pour votre

manifestation que j'ai effectué mon trajet.

La plaisanterie ne me fut révélée qu'à mon retour au monastère. En communauté, le soir, nous

avons ri de bon coeur pour cette anecdote inédite dans les annales de la Visitation de Nantes.

Je me suis permis de retraduire les initiales de votre syndicat (CGT = Christ, Gloire à Toi).

Que voulez-vous, on ne se refait pas. Merci encore pour la joie partagée. Je prie pour vous.

Au revoir, peut-être, à l'occasion d'une autre manifestation..

Soeur M.

Réponse du secrétaire général de la C.G.T.

Ma soeur,

Je suis persuadé que notre jeune camarade, celui qui vous a indiqué le chemin, avait lu dans vos

yeux l'humanité pure et joyeuse que nous avons retrouvée dans chacune des lignes de votre lettre.

Sans nul doute il s'est agi d'un geste inspiré, avec la conviction que cette pointe d'humour " bon

enfant " serait vécue comme l'expression d'une complicité éphémère et pourtant profonde.

Je vous pardonne volontiers votre interprétation originale du sigle de notre confédération, car

nous ne pouvons avoir que de la considération pour un charpentier qui a révolutionné le monde.

Avec tous mes sentiments fraternels et chaleureux.

Bernard Thibault, secrétaire général de la CGT

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15 juin 2010 2 15 /06 /juin /2010 07:16
L’« affaire Utopia » autour du film israélien : une polémique obscène
 
 
Simone Bitton
 
 
Après l’attaque de la marine israélienne contre les pacifistes de la Flottille de la Liberté, Utopia a reporté la programmation du film "A cinq heures de Paris", de Prudovsky et l’a remplacé par Rachel de Simone Bitton, ce qui a déclenché une polémique où le ministre de la Culture est intervenu !
 
Réaction de S. Bitton

Les échos du brouhaha autour de la déprogrammation du film « A cinq heures de Paris » par le réseau de salles Utopia - et son remplacement par mon film « Rachel » - me sont parvenus tardivement, plus d’une semaine après le début de cette étonnante polémique. Je suis actuellement au Maroc où j’enseigne à l’école de cinéma de Marrakech, et ne suis bien entendu pour rien dans cette initiative des animateurs d’Utopia, de même que mon producteur ou mon distributeur français , qui me disent avoir simplement remarqué une très légère hausse dans le volume des demandes d’exploitation du film, tant en France qu’à l’étranger, ce qui est tout à fait normal s’agissant d’un film dont le sujet résonne fortement avec l’actualité.

Tout comme Leon Prudovsky (le réalisateur du film déprogrammé), je ne contrôle pas la distribution de mes films , ces choses se passent entre exploitants et distributeurs. Comme lui, il m’est arrivé à plusieurs reprises d’avoir la mauvaise surprise d’apprendre qu’une sortie en salles ou une diffusion télévisée d’un de mes films était annulée ou repoussée afin de laisser place à un autre film, à une rediffusion ou à une émission spéciale suite à tel ou tel événement.

Ce sont des choses désagréables qui arrivent souvent dans notre métier, mais s’agissant de « A cinq heures de Paris », qui bénéficie d’une sortie française sur une cinquantaine d’écrans, cette déprogrammation n’a rien de dramatique, d’autant que le film sera montré dans les salles Utopia un peu plus tard.

Une Israélienne remplace un Israélien !

Je ne connais pas Léon Prudovsky, mais j’ai lu quelque part que tout en étant « un peu attristé » par cette mésaventure , il n’en fait pas lui-même un si grand cas, et ce n’est pas lui, ni son distributeur, qui ont initié la polémique un peu grotesque qui voudrait faire de lui la victime d’un terrible acte de censure « antisémite ». Il faut dire que s’agissant d’antisémitisme, il y a plus caractérisé que de remplacer le film d’un Israélien par le film d’une Israélienne !

« Rachel », qui est distribué en France depuis quelques mois, est une enquête cinématographique sur la mort de Rachel Corrie, une jeune pacifiste américaine écrasée par un bulldozer militaire israélien dans la bande de Gaza en mars 2003, alors qu’elle tentait d’empêcher la destruction d’une maison palestinienne.

Rachel était la première militante internationale a payer de sa vie son engagement non-violent aux côtés des Palestiniens, et c’est pourquoi l’un des bateaux de la flotille militante arraisonnée par l’armée israélienne, avec les conséquences tragiques que l’on sait, portait son nom.

On comprendra aisément que j’ai été - et que je suis encore - particulièrement choquée par la mort des passagers du « Marmara » et l’arraisonnement du « Rachel Corrie ».

On comprendra aussi qu’après avoir enquêté pendant trois ans sur la mort de Rachel Corrie pour réaliser mon film, et en particulier après avoir enquêté sur l’enquête militaire interne israélienne particulièrement baclée qui avait suivi cette tragédie, je suis assez bien placée pour pouvoir apporter un éclairage circonstancié sur les événement actuels. Mais, fort étrangement, si j’ai bien été sollicitée ces derniers jours par quelques journalistes français, c’était en général pour me demander de réagir à « l’affaire Utopia », et pas à l’assassinat de neuf militants pacifistes par l’armée israélienne, des militants qui ressemblaient à Rachel, et qu’il me semble connaître sans même savoir leurs noms. Je n’ai pas envie de participer à cet emballement médiatique bien franchouillard, avec son cortège de formules passe-partout inlassablement recyclées dans la centrifugeuse des échanges de communiqués, de pétitions, de tribunes et d’invectives.

Une polémique dérisoire et obscène

Si j’écris ce petit texte, plutôt que de répondre à ces sollicitations qui me consternent, c’est simplement pour dire combien tout cela me parait bien dérisoire, déplacé et quelque peu obscène. Des dangers de « l » importation du conflit » et autres « amalgames », jusqu’à la sanctification de la « diversité culturelle », en passant par la dénonciation rituelle de la « censure » , du « boycott », et de l’« antisémitisme qui avance masqué sous l’antisionisme ».

Tout ce ronflement de mots creux autour de cette petite affaire de remplacement d’un film par un autre dans quelques salles de cinéma en France, tout cet espace médiatique envahi par ce non-événement alors que les corps des victimes de l’assaut meurtrier sont à peine enterrés et que la place manque pour parler d’eux, raconter leurs courtes vies, enquêter sur leur mort, démonter la machine de propagande bien huilée qui s’est mise en branle immédiatement pour transformer des commandos d’élite armés jusqu’aux dents en pauvres gamins agressés et des pacifistes assassinés en dangereux suppôts du terrorisme international - en bref : pour informer sérieusement sur l’essentiel plutôt que de se vautrer dans l’accessoire.

Les soldats qui ont donné l’assaut au « Marmara » dans les eaux internationales et ceux qui ont « interrogé » les survivants menés contre leur gré en Israël ont confisqué leurs appareils photos, leurs caméras, leurs téléphones portables qui avaient enregistré des images terrifiantes. Images dévastatrices, non pas pour « l’image d’Israël » (cet autre formule creuse affectionnée par les commentateurs du vide), mais dévastatrices tout court.

Certaines de ces images ont été sauvées de l’anéantissement et circulent sur le web. Très peu de médias français les publient. Ceux qui ouvrent généreusement leurs colonnes à « l’affaire Utopia » et aux pourfendeurs de la « censure » n’ont curieusement plus de place pour elles, ou ne les trouvent pas aussi intéressantes qu’un énième rabâchage paranoïaque, un énième texte prétentieux et donneur de leçons à un petit circuit de salles indépendants.

On se demande : qui censure qui et qui boycotte quoi ?

Utopia accueille des films du monde entier

Et pourquoi ce déferlement de réactions furieuses - même ministérielles ! - à l’encontre d’une équipe qui accueille depuis belle lurette des films d’auteurs du monde entier, et parmi eux beaucoup de films israéliens et palestiniens de qualité, en les gardant à l’affiche plusieurs semaines alors que les gros circuits s’en débarrassent dès qu’un film plus rentable financièrement pointe le bout de son nez ?

Une équipe qui pousse le respect des œuvres et des cinéastes jusqu’à expliquer et à assumer ses choix , ses hésitations, ses coups de gueule et ses élans de solidarité alors que d’autres se contentent de relayer les dossiers de presses fournis par les distributeurs, toutes choses rarissimes et d’autant plus précieuses.

Traiter les gens d’Utopia de « censeurs » et de « boycotteurs de culture », c’est grotesque. Pour offrir à leur public un regard personnel venant d’Israël, ils ont fait, cette semaine, le choix peu lucratif du documentaire plutôt que celui de la fiction. N’est-ce pas cela, aussi, qui dérange ? N’est-ce pas cela qui fait peur ?

Lundi matin, je retrouverai mes étudiants marocains, et je me replongerai avec eux dans le travail riche et intense de leur initiation à la pratique du mode d’expression qui est le mien. Ensemble, nous ouvrons les yeux sur les réalités qui nous entourent, nous apprenons à les décrypter et à les restituer par le prisme de nos regards subjectifs. Jour après jour, lors de longues journées de tournage dans la chaleur, la poussière et l’éblouissement des couleurs, nous nous exposons à la splendeur des paysages, à la richesse des traditions et des dialectes, à l’humour populaire et au raffinement des lettrés mais aussi, et parfois sans transition, à la misère des douars, à la détresse des pauvres, aux contraintes et aux interdits imposés par des politiques effrayés par la parole des citoyens.

Aider leurs spectateurs à ne pas être dupes

Nous mettons les propagandes et les discours officiels à l’épreuve du réel, en nous gardant bien de tomber dans le piège de la dénonciation manichéenne et de la manipulation des discours. Bref, nous faisons, jour après jour, l’apprentissage toujours renouvelé de la rigueur documentaire, tout en restant avant tout des artistes, des poètes, des magiciens de l’image, des sons, de la musique.

Nous apprenons à raconter une histoire en laissant une place à l’imaginaire du spectateur. Et chaque soir, lorsque nous revenons dans nos univers familiers, c’est avec un regard neuf, lavé par le chemin accompli vers l’autre, que nous reprenons contact avec les représentations médiatiques de l’actualité.

Nous sommes alors en condition de mesurer, le plus souvent, l’accablante superficialité de ces représentations . Comme je le dis souvent à ces jeunes gens qui ont choisi le cinéma : nos films n’ont pas le pouvoir de changer le monde. Mais ils ont certainement celui d’aider leurs spectateurs à ne pas être dupes de la représentation médiatique du monde.

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9 juin 2010 3 09 /06 /juin /2010 12:41

Ubu, roi d’Israël (suite)

 

Dans son extrême mansuétude, le gouvernement israélien a accepté d’assouplir le blocus qu’il exerce sur Gaza. Dorénavant, il permettra l’entrée de produits tels que les sodas, les jus de fruits, la confiture, les épices, la mousse à raser, les frites, les biscuits et les bonbons.

Ces produits étaient donc interdits. Pas de jus de fruits pour les Gazaouis ! J’essaie en vain, mais je n’ai sans doute pas l’imagination suffisamment fertile, de trouver une raison, un chemin qui mènerait du jus de pamplemousse à la roquette Katiouchka, de la limonade à la mine artisanale…

Mais on n’est jamais assez prudent. Attendons le prochain brillant traité des brillants généraux israéliens qui nous expliquera que la confiture est une Arme de Destruction Massive, antisémite de surcroît. Ce traité abordera-t-il l’épineuse question des épices et leur lien avec l’explosion démographique dans le territoire. En toute logique, pas d’épices, pas d’enfants donc ; à quoi servirait-il de leur faire parvenir des bonbons, des biscuits ou des frites ?

Reste le mystère de la mousse à raser. Le Hamas est un parti de barbus. C’est même à leur pilosité que l’on reconnaît ses partisans. Depuis que la mousse à raser est interdite d’entrée, tous les hommes portent la barbe. Maintenant que cette contrainte est levée, ceux qui ne l’arboraient que par nécessité pourront s’en débarrasser. Ainsi, il deviendra aisé d’identifier enfin les partisans du Fatah à leurs visages glabres et donc, de relancer la guerre inter palestinienne, ce qui comblera d’aise le gouvernement de Netanyahu.

Ce brillant résultat des pressions étatsuniennes (puisqu’il semblerait que cet assouplissement leur est dû) n’a été payé que de quelques morts Turcs (à propos, c’est quoi, le cours du Turc en ce moment ?). Voici la liste des produits qui restent interdits :

 sauge, cardamone, cumin, coriandre, gingembre, confiture, halva, vinaigre, muscade, chocolat, fruits en conserve, graines et noix, biscuits et bonbons, chips, gaz pour boissons gazeuses, fruits secs, viande fraîche, plâtre, bitume, bois de construction, ciment, fer, glucose, sel industriel, contenants en plastique/verre/métal, margarine industrielle, revêtements à base de bitume pour les huttes, tissus pour vêtements, rehausseurs de goût et d’odeurs, cannes à pêche, divers filets de pêche, bouées/balises, cordages pour la pêche, filets de nylon pour serres, couveuses pour poussins et pièces détachées, pièces détachées pour tracteurs, laiteries pour étables, tuyaux d’irrigation, cordages pour serres, planteurs pour jeunes pousses, chauffages pour poulaillers, instruments de musique, papier format A4, instruments pour écrire, carnets de notes, journaux, jouets, rasoirs, machines à coudre et pièces détachées, chauffages, chevaux, ânes, chèvres, bétail, poussins.

Tenez-vous tranquilles, gens de Gaza et humanitaires de tout poil. Il faudrait au moins une explosion atomique pour que l’interdiction de ces produits soit levée ! Je propose donc que la prochaine expédition d’une escadre de cent bateaux, expédition qui se terminera sur un bilan de 1.000 morts et 10.000 blessés, se contente d’exiger la libération du chocolat. Personne ne peut vivre sans chocolat !

 

 

 Brahim SENOUCI

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5 juin 2010 6 05 /06 /juin /2010 22:06

Ubu roi d’Israël

 

Le qualificatif "ubuesque" est né d’une pièce d’Alfred Jarry, Ubu Roi, qui raconte les frasques d’un roi s’ingéniant à persécuter la population en lui infligeant des châtiments aussi cruels qu’insolites pour des motifs qu’il inventait chaque jour. Personne n’était à l’abri de sa folie sanguinaire puisque "être en règle" ne signifiait rien, la règle changeant au gré de ses humeurs et échappant à toute rationalité.

Une ONG israélienne, militant pour la défense de la liberté de mouvement (GISHA, www.gisha.org), a procédé à un long travail de recoupement pour identifier les produits dont le gouvernement israélien permet l’entrée dans la Bande de Gaza et ceux qu’il interdit. La liste ci-dessous, non exhaustive, résulte de ce travail. Cette ONG s’est attelée à cette tâche parce que le gouvernement refuse de publier une liste officielle de produits interdits et de produits permis ; il a fallu donc répertorier, in situ en quelque sorte, les articles que les soldats israéliens laissent passer et ceux qu’ils refoulent.

J’ai tenté de parcourir cette liste pour en dégager la logique, la cohérence. Je n’y suis pas parvenu.

Jugez-en.

Le chocolat, le cumin, le halva, la viande fraîche, les tissus pour vêtements, les instruments de musique, le papier format A4, les carnets de notes, les chevaux, les ânes, les chèvres, le bétail, les poussins,… sont interdits.

Je laisse à l’imagination des lecteurs le soin d’échafauder des théories sur la dangerosité de ces produits. Qui aurait pu croire au danger mortel que représente une boîte de halva ? J’y réfléchirai à deux fois dorénavant avant d’en acheter ! Et cet âne "si doux", le poète n’a-t-il pas décelé ses penchants terroristes ? Il aurait mieux fait de le vouer aux gémonies au lieu de pleurer sur son sort. Quant aux habitants de Loué, il faut les alerter d’urgence sur le péril que représentent ces petits poussins qui s’ébattent gaiement dans leurs basses-cours. Enfin, le gouvernement français ne devrait pas tarder à édicter une mesure de salut public consistant à exiger des fabricants de photocopieurs et d’imprimantes de bannir le format A4 de leurs machines !

Il convient toutefois de noter que, dans leur grande bonté, les dirigeants israéliens autorisent le passage du sucre (le vrai et le faux, ils sont bons princes), du café, du thé… Ils permettent aussi le passage des lingettes pour bébés, du shampoing et de l’après-shampoing, … (parce que fabriqués en Israël ?). Vous savez, ces malheureux qui hantent les métros parisiens et qui demandent l’aumône pour manger et rester propres, ils doivent hanter les consciences des dirigeants de la seule démocratie de la région. Ils veulent absolument s’assurer que les Gazaouis peuvent manger et rester propres. Alors, ils leur permettent de recevoir du savon et du savon liquide, du dentifrice, de la lessive, de l’adoucisseur, du savon à vaisselle, du produit pour le nettoyage des vitres, du produit pour le nettoyage des sols, du produit pour le nettoyage des salles de bains, des éponges pour vaisselle, des éponges pour laver, des éponges pour sols, des serpillières, du salami (halal ?), de la viande en boîte, du poisson en boîte, des œufs (à manger)…

Alors, la logique ? Il n’y en a pas. Ou plutôt si. Les cerveaux machiavéliques qui ont établi cette liste l’ont fait dans le même esprit que le Père Ubu. Il s’agit de punir une population pour des crimes qu’elle ignore. Il s’agit de lui infliger des châtiments aussi irrationnels que les causes invoquées. En fait, c’est l’arbitraire le plus total. Les Gazaouis en particulier, les Palestiniens en général sont considérés comme des gêneurs. Il s’agit de les punir pour le seul crime qu’ils auront du mal à nier, le crime d’exister. La punition est l’effacement. Les génocides ne sont plus de mise. Alors, on tente de détruire la société palestinienne en l’enfermant dans une camisole.

Ils n’y arriveront pas ; cette société est bien plus ancienne, bien plus cultivée que celle de l’imaginaire Poldavie sur laquelle régnait le Père Ubu…

 

 

Produits interdits *

Produits autorisés

sauge, cardamone, cumin, coriandre, gingembre, confiture, halva, vinaigre, muscade, chocolat, fruits en conserve, graines et noix, biscuits et bonbons, chips, gaz pour boissons gazeuses, fruits secs, viande fraîche, plâtre, bitume, bois de construction, ciment, fer, glucose, sel industriel, contenants en plastique/verre/métal, margarine industrielle, revêtements à base de bitume pour les huttes, tissus pour vêtements, rehausseurs de goût et d’odeurs, cannes à pêche, divers filets de pêche, bouées/balises, cordages pour la pêche, filets de nylon pour serres, couveuses pour poussins et pièces détachées, pièces détachées pour tracteurs, laiteries pour étables, tuyaux d’irrigation, cordages pour serres, planteurs pour jeunes pousses, chauffages pour poulaillers, instruments de musique, papier format A4, instruments pour écrire, carnets de notes, journaux, jouets, rasoirs, machines à coudre et pièces détachées, chauffages, chevaux, ânes, chèvres, bétail, poussins.

*certains de ces produits sont autorisés s’ils sont utilisés par des organisations internationales

farine, sucre, faux sucre, riz, sel, huile de cuisson, semoule, levure, pâtes, pois chiches, haricots, autre sorte de haricots, lentilles,  pois, farine de boulgour, maïs, autre sorte de haricots, lait en poudre, produits laitiers, margarine, houmous, viande congelée -poisson-légumes, vitamines et huiles pour animaux, sacs à farine, équipement médical, couches, produits d’hygiène féminine, papier toilette, lingettes pour bébés, shampoing et après-shampoing, savon et savon liquide, dentifrice, lessive, adoucisseur lessive, savon à vaisselle, produit pour nettoyage des vitres, produit pour nettoyage des sols, produit pour nettoyage des salles de bains, chlore, insecticide domestique, café, thé, salami, viande en boîte, poisson en boîte, éponges pour vaisselle, éponges pour laver, éponges pour sols, serpillières, toute nourriture en boîte sauf fruits en boîte, épice zaatar, poivre noir, sésame, bouillon de poule en poudre, couvertures, allumettes, bougies, balais, balais éponge, chiffons à poussière, poubelles, anis, camomille, cannelle,  poudre pour purifier l’eau, verre / 200 camions, rafraîchisseurs d’eau + chauffage, eau minérale, tehine (pâte de sésame), brosses à cheveux, peignes, chaussures, vêtements,  bois (pour portes et fenêtres), aluminium, sacs en plastique léger, fruits, légumes, paille, œufs fertilisés, pesticides agricoles, terreau agricole, particules pour dilution de la terre, fertilisants chimiques, seaux en plastique, caissons en plastique pour fruits et légumes, cages en plastique pour volaille, cartons à œufs, cartons pour poussins, casiers en  fibre de verre et plastique pour plantations, diverses  graines agricoles, œufs (à manger), nylon pour serres, divers  médicaments et produits vétérinaires, blé, orge, nourriture pour animaux.

  Traduction par Claire Paque - 05/06/2010

 

 

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2 juin 2010 3 02 /06 /juin /2010 12:42

Le crime de Gaza et le Tribunal Russell sur la Palestine

 

L’attaque menée par des commandos israéliens contre des humanitaires révulse le monde entier. L’indignation n’a qu’un temps, malheureusement. Le massacre méthodique mené par l’armée israélienne en décembre 2008 et janvier 2009 semble bien loin. Depuis ce massacre, Israël a intégré l’OCDE et mène des négociations avec l’Union Européenne pour mettre en œuvre le processus de rehaussement de l’Accord d’Association qui lie déjà les deux parties.

Il faut noter que cet Accord avait fait l’objet d’une résolution du Parlement Européen en avril 2002, résolution qui appelait à sa suspension pour cause de non respect par la partie israélienne de son article 2, relatif au respect des droits de l’homme. Cette résolution a été ignorée par le Conseil de l’Union Européenne, instance qui rassemble les représentants des gouvernements nationaux. De la même manière, le Parlement a voté en octobre 2008, soit avant l’attaque de Gaza, une résolution appelant à l’ajournement du rehaussement de l’Accord. Cette résolution a subi le même sort que celle de 2002. Il aura fallu la tragédie du massacre de 1500 personnes, dont des centaines d’enfants, pour que les gouvernements de l’Europe consentent à différer la procédure.

La liste des violations commises par Israël est bien trop longue pour être rappelée ici. L’Avis de la Cour Internationale de Justice, émis le 9 juillet 2004 après son adoption par 14 des 15 juges qui la composent, récapitule l’essentiel de ces violations et appelle notamment à la destruction du Mur et au dédommagement des populations qui en ont subi les effets funestes. Le 20 juillet 2004, l’Assemblée générale des Nations unies a adopté la résolution ES-10/15, après avoir pris acte de l’avis consultatif de la Cour internationale de justice. La résolution « exige qu’Israël, puissance occupante, s’acquitte de ses obligations juridiques telles qu’elles sont énoncées dans l’avis consultatif». Il faut noter que la résolution a été votée par les pays membres de l’Union Européenne, ce qui leur faisait théoriquement obligation d’agir pour faire cesser les violations.

On connait la suite… Plutôt que de sanctionner, l’Union Européenne et ses Etats membres n’ont cessé de dispenser des récompenses à l’Etat d’Israël.

Que dire de la politique des Etats-Unis, de son alignement sur leur allié, de son acharnement à peser de tout le poids de la puissance étatsunienne sur les Palestiniens pour leur demander des concessions, sans cesse ? Ce n’était donc pas suffisant d’accepter que leur patrie historique soit perdue à près de 80 %. Ce n’était donc pas suffisant qu’ils acceptent de négocier le sort des millions de réfugiés qui croupissent dans les camps. Ils n’auront donc jamais avalé suffisamment de couleuvres pour trouver grâce aux yeux de l’Europe et des Etats-Unis.

Il est facile de condamner Israël. Incontestablement, c’est lui qui a le doigt à la détente. Mais ceux, Européens, Etatsuniens, ainsi que leurs valets arabes chargés de les relayer, qui lui assurent l’impunité sont aussi coupables que lui. Ils participent de manière égale à la destruction de la société palestinienne. Ils en sont comptables.

C’est à ce titre que le Tribunal Russell sur la Palestine a choisi de juger les complices de la politique israélienne. Ses membres considèrent en effet que la culpabilité israélienne est établie sur la base d’une littérature abondante dont le morceau de choix est l’Avis de la Cour Internationale de Justice. Le vrai problème est donc, non pas d’identifier l’auteur des violations mais d’examiner les raisons pour lesquelles il n’encourt aucune sanction.

La première session du Tribunal Russell sur la Palestine s’est tenue à Barcelone. Elle avait pour objet l’examen des responsabilités de l’Union Européenne et des Etats membres dans la permanence de la tragédie palestinienne. Elle s’est ouverte par un rappel des violations israéliennes. Le jury a ensuite écouté des experts et des témoins de haut rang, connus pour leurs compétences et leur probité. Il a considéré dans ses conclusions comme étant établies les responsabilités des institutions incriminées.

Trois autres sessions sont programmées. La prochaine aura lieu à Londres en octobre 2010. Elle se penchera sur les responsabilités des sociétés multinationales. Les suivantes se tiendront aux Etats-Unis et en Afrique du Sud dans le courant de l’année 2011.

Nous avons expérimenté très largement durant des décennies l’incurie de la bien mal nommée "communauté internationale". Elle s’est révélée non seulement incapable de contraindre Israël à se plier au droit mais encore elle l’a arrosé de ses bienfaits. Il n’y a donc pas d’issue institutionnelle à la tragédie que vivent les Palestiniens. Nous savons toutefois que l’opinion internationale est en leur faveur, parce que la justice est de leur côté. C’est ce levier qu’il faut actionner et c’est ce que s’efforce de faire le Tribunal Russel. Ses conclusions seront régulièrement livrées aux peuples afin qu’ils astreignent leurs gouvernements à les entendre et à les mettre en application.

Voilà pourquoi il faut rejoindre le Tribunal Russell sur la Palestine et le soutenir, moralement et financièrement !

www.russelltribunalonpalestine.org (comité d’organisation international)

http://www.tribunalrussell-france.org/ (comité français de soutien au Tribunal)

Brahim SENOUCI, membre du Comité Organisateur International du Tribunal Russell sur la Palestine

 

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1 juin 2010 2 01 /06 /juin /2010 12:15

Le crime des crimes, l’impunité

 

Le chœur soi-disant outragé des pays occidentaux s’offusquant de la dernière équipée israélienne ne doit pas faire illusion. L’abordage sanglant de bateaux transportant des pacifistes venant accomplir une mission humanitaire n’est qu’un épisode de plus dans la longue série des crimes israéliens demeurés impunis. Si la responsabilité israélienne ne fait pas de doute, il ne faut pas qu’elle occulte celle de ses protecteurs riches et puissants qui ont permis à cet Etat de se maintenir depuis des décennies au-dessus des lois, tout en revendiquant, avec quelle impudence !, un magistère moral en vertu duquel il se blanchit lui-même de toute accusation infamante.

Les Etats qui ont témoigné d’une mansuétude obscène envers lui doivent aujourd’hui rendre compte de leurs responsabilités, non seulement dans le crime d’hier, mais dans tous les crimes qui ont jalonné l’histoire d’Israël depuis sa création.

Ils devront rendre compte de leurs responsabilités dans la tragédie palestinienne, les transferts brutaux, les massacres, les destructions de villages, de cultures, l’exil et la misère des camps de l’éternel transit subis par une population innocente.

Ils devront rendre compte de leurs responsabilité dans le fait de faire supporter à cette population innocente le poids de leur propre culpabilité dans le génocide juif, culpabilité dont ils ont cru pouvoir se défaire en la transférant sur ses épaules.

Ils devront rendre compte de la manière dont ils ont récompensé les assassins en les invitant à la table de l’Union Européenne, de l’OCDE, en les surarmant, en accueillant leurs produits gorgés du sang de leurs victimes palestiniennes, en opposant leurs vetos à toutes les résolutions, pourtant bien timides, appelant à respecter un peu de décence en appelant les assassins à un minimum de retenue.

Ils devront payer pour leurs responsabilités dans le désordre d’un monde qui ne croit plus aux idéaux de justice, trop galvaudés par leurs lèvres mensongères.

Ils devront rendre compte de leurs responsabilités dans la montée de la désespérance du monde, désespérance qui nourrit la violence et le terrorisme.

 

Ils ne se rendent pas compte que le monde change et que la "communauté internationale" dont ils se gargarisent ne s’arrête plus à leurs frontières, qu’ils n’ont plus le droit de dire le bien et le mal, qu’ils se sont disqualifiés hier dans des entreprises coloniales qu’ils s’acharnent encore à justifier aujourd’hui, qu’ils continuent de se disqualifier aujourd’hui en assistant, en prêtant la main à une entreprise de destruction d’un peuple et d’une culture.

Le monde change. De nouveaux acteurs émergent. Ils observent les anciens. C’est peut-être à l’aune du traitement de la question de la Palestine qu’ils décideront si les anciens maîtres du monde choisiront d’accompagner le changement et vivre ou de se cramponner à leurs privilèges et mourir.

 

Brahim SENOUCI

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31 mai 2010 1 31 /05 /mai /2010 12:10

Cynthia McKinney Mourns the Dead of the Freedom Flotilla to Gaza:  People of the U.S. and the world must end Israeli impunity now!

I am outraged at Israel's latest criminal act.  I mourn with my fellow Free Gaza travelers, the lives that have been lost by Israel's needless, senseless act against unarmed humanitarian activists.  But I'm even more outraged that once again, Israel's actions have been aided and abetted by a U.S. political class that has become corrupted beyond belief due to its reliance on Zionist campaign finance and penetration by Zionist zealots for whom no U.S. weapons system is too much for the Israeli war machine, and the silence of the world's onlookers whose hearts have grown cold with indifference.

I recently visited the offices of IHH, the Turkish humanitarian organization that sponsored one of the Freedom Flotilla boats, and that was targeted by the Israelis for its murderous rampage.  Reports are still coming in as to the full extent of the senseless Israeli violence.  Of course, I expect Israel's apologists in the press and in the United States government to shift into high gear to support Israel's lying machine.  Take note of their names.  The 12,000 internet squatters/written word grenade throwers, hired by the Israeli Foreign Ministry to defend Israel and attack peace activists online, are already busy spreading their orchestrated disinformation in cyberspace.  Be very careful what you read and believe from special interest press and the internet.  You could be reading one of Israel's hired hacks.  As a news diversion from what Israel has just done, I suspect that we can also expect to see a lot of historical footage of war's atrocities on television:  today is Memorial Day in the United States, a day long ago set aside to remember the sacrifices of U.S. war dead.

I encouraged and supported U.S.S. Liberty veteran Joe Meadors's participation in the Freedom Flotilla.  Unfortunately, the fate of the U.S.S. Liberty innocents on the high seas, while in international waters, has now been visited upon the participants in the Freedom Flotilla, in large measure because of the Congressional- and Presidential-level cover-up of the 1967 Israeli attack on that U.S. surveillance ship.  Combined with the failure of just about every other effort to hold Israel accountable for its crimes against humanity, war crimes, genocide, and crimes against the peace.  Belgium and Spain changed their domestic laws of universal jurisdiction after Israeli appeals to do so.  The entire musical chairs gang of rotating Israeli leadership are war criminals.  During my imprisonment in Israel for attempting to take crayons to the children of Gaza, I called Israel a failed state.  If Israel is threatened by unarmed, humanitarian activists to the point of massacring them, then Israel is a failed state.  Israel is a failed nuclear state.

Obama's most recent granting of an additional $205 million for Israeli "missile defense" is unconscionable, when in the same week, reports revealed for the first time, Israel's offer of nuclear weapons to apartheid South Africa.  Just last week, a paper bearing the signature of former Israeli Prime Minister, Shimon Peres, was released by South Africa, revealing that in 1975, Israel could offer South Africa nuclear weapons "in three sizes."  South Africa's then-Minister of Defense, P.W. Botha, was South Africa's signatory to the letter.  This information would make the entire Obama Administration look sadly farcical as it points an accusing finger at Iran, except that U.S. obeisance to the Israeli bloodthirst is deadly serious.  With deadly outcomes.

Earlier this month, Israel was granted admission to the Organization of Economic Cooperation and Development (OECD), a direct affront to ongoing Boycott, Divestment, Sanctions (BDS) efforts across the world.  Once again, Israel has thumbed its nose at the global community--with bloody results--because it can.

I am proud to serve on the Bertrand Russell Tribunal on Palestine.  Its next sitting will be in London, where we will examine corporate complicity in Israel's crimes against Palestine.  The Tribunal will sit from November 5 - 7.  Please put this on your calendar.  We all must do what we can, where we are to end wars against the people at home and wars against human rights abroad.

Finally, a friend just sent a message to me saying that the Israelis had lost their minds.  Sadly, based on the past, the Israelis could very well conclude that they can do anything--imprison me for trying to take love to the children of Gaza and kill humanitarian activists trying to do the same--because they know, in the end, they'll get away with it.  Instead, I would suggest that we are the ones who have lost our minds, our souls, our spirits, and our human dignity if we allow the Israelis to get away with murder--again--and we do nothing.

I am calling on the people of the United States to change course now.  

On this Memorial Day 2010, I am stunned and outraged beyond belief while mourning the dead of the Freedom Flotilla to Gaza.

Cynthia McKinney Mourns the Dead of the Freedom Flotilla to Gaza:  People of the U.S. and the world must end Israeli impunity now!

I am outraged at Israel's latest criminal act.  I mourn with my fellow Free Gaza travelers, the lives that have been lost by Israel's needless, senseless act against unarmed humanitarian activists.  But I'm even more outraged that once again, Israel's actions have been aided and abetted by a U.S. political class that has become corrupted beyond belief due to its reliance on Zionist campaign finance and penetration by Zionist zealots for whom no U.S. weapons system is too much for the Israeli war machine, and the silence of the world's onlookers whose hearts have grown cold with indifference.

I recently visited the offices of IHH, the Turkish humanitarian organization that sponsored one of the Freedom Flotilla boats, and that was targeted by the Israelis for its murderous rampage.  Reports are still coming in as to the full extent of the senseless Israeli violence.  Of course, I expect Israel's apologists in the press and in the United States government to shift into high gear to support Israel's lying machine.  Take note of their names.  The 12,000 internet squatters/written word grenade throwers, hired by the Israeli Foreign Ministry to defend Israel and attack peace activists online, are already busy spreading their orchestrated disinformation in cyberspace.  Be very careful what you read and believe from special interest press and the internet.  You could be reading one of Israel's hired hacks.  As a news diversion from what Israel has just done, I suspect that we can also expect to see a lot of historical footage of war's atrocities on television:  today is Memorial Day in the United States, a day long ago set aside to remember the sacrifices of U.S. war dead.

I encouraged and supported U.S.S. Liberty veteran Joe Meadors's participation in the Freedom Flotilla.  Unfortunately, the fate of the U.S.S. Liberty innocents on the high seas, while in international waters, has now been visited upon the participants in the Freedom Flotilla, in large measure because of the Congressional- and Presidential-level cover-up of the 1967 Israeli attack on that U.S. surveillance ship.  Combined with the failure of just about every other effort to hold Israel accountable for its crimes against humanity, war crimes, genocide, and crimes against the peace.  Belgium and Spain changed their domestic laws of universal jurisdiction after Israeli appeals to do so.  The entire musical chairs gang of rotating Israeli leadership are war criminals.  During my imprisonment in Israel for attempting to take crayons to the children of Gaza, I called Israel a failed state.  If Israel is threatened by unarmed, humanitarian activists to the point of massacring them, then Israel is a failed state.  Israel is a failed nuclear state.

Obama's most recent granting of an additional $205 million for Israeli "missile defense" is unconscionable, when in the same week, reports revealed for the first time, Israel's offer of nuclear weapons to apartheid South Africa.  Just last week, a paper bearing the signature of former Israeli Prime Minister, Shimon Peres, was released by South Africa, revealing that in 1975, Israel could offer South Africa nuclear weapons "in three sizes."  South Africa's then-Minister of Defense, P.W. Botha, was South Africa's signatory to the letter.  This information would make the entire Obama Administration look sadly farcical as it points an accusing finger at Iran, except that U.S. obeisance to the Israeli bloodthirst is deadly serious.  With deadly outcomes.

Earlier this month, Israel was granted admission to the Organization of Economic Cooperation and Development (OECD), a direct affront to ongoing Boycott, Divestment, Sanctions (BDS) efforts across the world.  Once again, Israel has thumbed its nose at the global community--with bloody results--because it can.

I am proud to serve on the Bertrand Russell Tribunal on Palestine.  Its next sitting will be in London, where we will examine corporate complicity in Israel's crimes against Palestine.  The Tribunal will sit from November 5 - 7.  Please put this on your calendar.  We all must do what we can, where we are to end wars against the people at home and wars against human rights abroad.

Finally, a friend just sent a message to me saying that the Israelis had lost their minds.  Sadly, based on the past, the Israelis could very well conclude that they can do anything--imprison me for trying to take love to the children of Gaza and kill humanitarian activists trying to do the same--because they know, in the end, they'll get away with it.  Instead, I would suggest that we are the ones who have lost our minds, our souls, our spirits, and our human dignity if we allow the Israelis to get away with murder--again--and we do nothing.

I am calling on the people of the United States to change course now.  

Cynthia McKinney est une ancienne membre du Congrès des Etats-Unis. Elle y a participé à la dernière élection présidentielle. Elle est membre du jury du Tribunal Russell sur la Palestine.

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30 mai 2010 7 30 /05 /mai /2010 23:17

De quoi la burqa est-elle le nom ?

 

Pour lutter contre les discriminations à l’embauche, des politiques bien intentionnés ont suggéré le CV anonyme. Il s’agissait de dissimuler un nom à coucher dehors, un visage un peu trop basané, une adresse dans une cité un peu trop souvent à l’honneur dans les JT, pour ne pas provoquer un rejet d’emblée de la part d’éventuels employeurs. Cette idée a été reprise par la HALDE qui y voyait un moyen pour les candidats d’accéder au moins à un premier entretien. Le Président de la République y a souscrit avec force en 2008.

Ainsi, dans l’incapacité de lutter contre les discriminations, la République n’a pas trouvé d’autre solution que de suggérer à ses citoyens susceptibles d’en être victimes de se cacher, de se voiler en quelque sorte. Elle leur demande de porter un masque qui leur permettrait de pouvoir investir l’espace public sans risquer d’être reconnus, en faisant mine de croire que cet incognito leur ouvrirait les portes des écoles, des entreprises... En somme, la République prône le port d’une burqa symbolique, censée garantir à celles et ceux qui l’arborent l’égalité avec leurs concitoyens au teint clair.

Même s’il n’est pas question de mettre en doute la bonne foi de ses promoteurs, cette idée est désastreuse. Elle conforte les enfants noirs ou arabes des cités qu’ils ne font pas vraiment partie de la France du Sacre de Reims ou de celle des croisades. Elle accrédite le sentiment du continuum qu’ils établissent inconsciemment entre leur situation et celle de leurs aïeux dont l’esclavage et la colonisation déniaient l’humanité. En ces temps de repli nostalgique, ils incarnent dans le paysage des rues et des quartiers la fin de l’Empire et de ses fastes, nourrissant la douleur récurrente d’une perte inscrite dans la mémoire collective de la Nation, une mémoire qui ne fait pas place aux leurs, mémoires de vaincus, de descendants d’esclaves et de colonisés.

La polémique autour du dernier film de Bouchareb, Hors la Loi, donne une illustration éclatante à cet antagonisme. Ce film montre, nous dit-on, une brève séquence qui rappelle les massacres de Sétif. Ces massacres ont été qualifiés de "tragédie inexcusable" par l’Ambassadeur de France en Algérie. Cela n’a pas empêché des députés de la majorité de prendre la tête d’un mouvement visant rien moins qu’à interdire le film. Des milliers d’Algériens innocents ont été massacrés ; cette vérité reste toujours aussi difficile à admettre dans une Nation qui, il est vrai, a failli voter une loi célébrant les vertus de la colonisation. Comment une telle attitude peut-elle être reçue par cette part importante de la société française pour laquelle le souvenir de cette boucherie reste très fort ? Comment pourrait-on lui faire admettre que les milliers de cadavres au teint basané qui jonchent son imaginaire blessé n’ont pas droit, sinon à la compassion de tous, du moins au silence de certains ?

En dissimulant les saloperies de l’Histoire dans les placards, on croit peut-être acheter la paix. On nourrit en fait le volcan. Dire la vérité à la jeunesse, toute la jeunesse de France, n’est pas seulement un devoir ; c’est la condition nécessaire pour la cohésion sociale. C’est signifier à toute la jeunesse de France que les mémoires, toutes les mémoires, ont droit de cité. A défaut, la part de la population qui ne trouvera pas trace de son histoire dans le récit national sera tentée par une forme de sécession morale qui l’amènera à se couper d’une société qui la nie, en commençant par enfiler une burqa bien réelle, se dérobant ainsi à son regard…

 

Brahim Senouci

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23 mai 2010 7 23 /05 /mai /2010 08:49

La soirée

 

Superbe ambiance au Cabaret Sauvage, lieu magnifique, en ce jeudi 20 mai.

Après une brève introduction de Brahim Senouci, qui présente la genèse de l’instauration du Tribunal Russell sur la Palestine, Marcel-Francis Kahn établit un parallèle entre ce Tribunal et le Tribunal Russell sur le Vietnam, auquel il a contribué. Il matérialise ce parallèle en montrant une sous-munition, souvenir d’une enquête menée au Vietnam, en expliquant que ce même type d’engin a été déversé par l’armée israélienne au Liban Sud et à Gaza. David Bondia, professeur de droit à l’Université de Barcelone, membre du Comité d’experts du Tribunal, membre du Comité Catalan de soutien au Tribunal, Comité qui a organisé la session de Barcelone, fait une présentation synthétique de cette session et des conclusions auxquelles elle a abouti. Stéphane Hessel a conclu cette première partie en insistant sur l’ardente obligation pour les opinions publiques de peser de tout leur poids sur les gouvernements pour les contraindre à respecter et faire respecter le droit.

Ces interventions ont entrecoupées de parenthèses musicales, des chants mystiques de Rachid Daci et des variations autour de poèmes de Darwish dues au Baroque Théâtre.

Il faut noter l’extrême attention du public pendant ces exposés, un public très jeune, qui n’a pas ménagé ses applaudissements.

 

La scène a été ensuite occupée par le Diwane de Béchar, formation qui réalise la fusion entre rythmes arabes et africains et fait revivre la tradition soufie de l’échange.

Volo fait revivre la tradition d’une certaine chanson française, poétique, drôle et contestataire.

Essi Moh met le blues-world à l’honneur et mêle des références à Eric Clapton et à l’un des pères de la chanson populaire algérienne, El Anka.  

HK et les Saltimbanks proposent une musique bondissante, énergique,  faite pour chanter, danser et rire, mais aussi une musique pour "se lever, s’indigner et se révolter".

Amazigh Kateb, inclassable poète, chante l’Afrique, la Palestine, dénonce l’injustice, à travers des textes magnifiques, notamment des poèmes de Kateb Yacine, le père.

Essi Moh chante "No woman, no cry" de Bob Marley.  Amazigh le rejoint. Aïcha, la chanteuse du Diwane se met à la percussion. Des spectateurs montent sur scène en faisant jouer leurs crotales. Les frères Laoufi sont là également. La scène s’est remplie des musiciens qui ont enflammé la foule. C’est par un bœuf magnifique que se conclut la soirée…

 

Bilan financier de la soirée du 20 Mai 2010

 

Entrées payantes : 341

Invitations :             14

 

Recettes :

Total : 5867€32

Dont : entrées : 5430€ soit 315 € versés en plus du prix de base de 15€

           Troncs circulant dans la salle : 437€32

 Dépenses déjà réglées : salle (techniciens etc.) : 1678€49

                             

Bilan : 4188€

 

Les 4188 Euros seront donc versés intégralement au Comité Organisateur International du Tribunal Russell sur la Palestine.

 

Les suites

 

De l’avis général, la soirée a été une réussite. On a rarement vu une telle fusion entre le public et les artistes et entre les artistes eux-mêmes. Le bœuf, à la fin du spectacle, a été vraiment un grand moment.

Bien sûr, on aurait pu être plus nombreux. La prochaine fois, nous ferons mieux, en matière de communication et d’organisation. Nous assurerons notamment une prévente.

Les interventions politiques de S. Hessel, M.F. Kahn et D. Bondia ont été unanimement appréciées et elles ont permis de faire avancer la connaissance du Tribunal Russell.

Le plus important est donc d’avoir contribué à populariser le Tribunal.

Il y a eu des échos très favorables, rapportés par des gens qui n’ont pas forcément assisté au spectacle mais qui en ont entendu parler par des proches qui y étaient. Certains ont ouvert des perspectives intéressantes, qui pourraient se traduire par une réédition du concert en octobre prochain, dans un format plus ambitieux.

Nous avons à notre disposition un matériel sonore et vidéo impressionnant. Nous allons essayer de le faire fructifier. Une fois les montages réalisés, nous allons essayer de le proposer à des chaînes de télévision en France (ou ailleurs !). Naturellement, ces matériaux seront mis à disposition pour celles et ceux qui demanderaient à les utiliser dans le cadre de colloques, meetings…

 

Remerciements

 

Le Cabaret Sauvage, haut lieu de la scène parisienne, a été mis à notre disposition à titre gracieux par son directeur, M. Meziane Azaïch. Simplement, merci…

Tous les artistes se sont produits gratuitement. Merci…

On se plaint beaucoup, souvent à juste titre, de la faiblesse de la mobilisation. Cette soirée a montré que le potentiel existe et que les capacités d’indignation et d’action restent entières.

En ce qui concerne l’organisation de la soirée, j’ai pu bénéficier de l’aide de nombreuses personnes qui m’ont proposé spontanément leurs services et qui se déclarent disponibles pour des initiatives à venir. Qu’elles en soient remerciées.

Je garde pour la bonne bouche trois noms, Allalou, Karim et Essi Moh. Ils ne se sont pas contentés d’apporter une aide extérieure à l’organisation. Ils en ont fait leur affaire. Cette réussite est aussi la leur. Bravo ! J’espère qu’ils seront des prochaines aventures…

 

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11 mai 2010 2 11 /05 /mai /2010 11:56

A imprimer, faire tourner, sans modération!

Tribunal-Russell_20_mai.JPG

 

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