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19 février 2013 2 19 /02 /février /2013 12:28

Le temps de l’éternel retour

Une lecture du livre Lyali, les Nuits Mortes, par Françoise-Germain Robin, dans l'Humanité

 

Mots clés : littérature, brahim senouci,

Comme suspendu au cœur de la mémoire, un village perché dans les montagnes de l’Oranais.

Lyali. Les nuits mortes, par Brahim Senouci. L’Harmattan, 160 pages, 16,50 euros. 

 

Le roman que vient de publier Brahim 
Senouci est un roman de la nostalgie. Celle de l’enfance, commune à beaucoup d’adultes, celle du pays perdu, partagée par la plupart des immigrés. Son héros, Kaddour, lui ressemble étrangement : un prof d’origine algérienne partageant la vie, qu’il décrit comme un peu superficielle 
– « un tourbillon factice » –, de ses amis et collègues parisiens. Mais au fond de son cœur et de sa mémoire, il y a un village perché dans les montagnes de l’Oranais, des chemins poussiéreux, une vieille maison « sans la moindre promesse de confort » et, surtout, ses habitantes : les sœurs, la mère et la grand-mère de 
Kaddour, héros de ce voyage au pays d’autrefois. Il n’a pas revu son village depuis vingt ans et le retrouve à peu près comme il l’avait laissé. Comme si le temps s’était suspendu. Comme si les jours, les mois et les années avaient été faits de ce que les gens du cru appellent « les nuits mortes ». Nuits du temps suspendu où rien ne bouge, rien ne pousse, rien ne change, ni ne chante. Seuls les humains ont vieilli. Certains ont disparu. D’autres se rapprochent doucement de la mort. Le voir et le savoir serre le cœur de ce revenant qu’est Kaddour, lui qui n’est qu’un « passant parmi des paroles passagères », pour reprendre l’expression de Mahmoud Darwich. Des revenants, il y en a beaucoup dans ce récit. Fantômes ou souvenirs, êtres humains surgis d’un passé revisité, qui racontent, chacun, leur histoire. Personnages étranges, simples ou burlesques, regardés avec dérision parfois, toujours avec tendresse. Un roman qui tient du fabliau sur l’Algérie telle qu’elle fut et telle qu’elle est encore peut-être, au plus profond d’elle-même, pour ses intimes.

Françoise Germain-Robin

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Published by Brahim Senouci
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