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5 août 2011 5 05 /08 /août /2011 17:09

Le prix de la citoyenneté

 

Dans le jargon de la presse, les marronniers désignent des articles de saison, liés à des événements récurrents. Que la neige se mette à tomber et on verra fleurir dans les journaux des reportages sur le salage des routes, la galère des automobilistes, l’impéritie des responsables. Les marronniers rythment la banalité des jours, relatent en hiver le froid de l’hiver, en été la chaleur de l’été. Chaque automne, en notre beau pays d’Algérie, on redécouvre… la pluie ! Un martien qui débarquerait de façon impromptue en Algérie serait persuadé qu’il s’agit d’un phénomène inédit, au vu des titres de la presse sur les dégâts que la pluie occasionne : rues et caves inondées, circulation bloquée… On connait les coupables, ces maudits avaloirs bouchés que personne ne s’est préoccupé, dans la douce quiétude de l’été, de débarrasser des saletés qui les obstruent.

Les Ramadhans se suivent et se ressemblent. C’est le mois propice à la floraison du plus beau des marronniers. Les journaux titrent sur la folie des prix, la malhonnêteté de ces marchands qui profitent de la boulimie des consommateurs pour s’autoriser des marges bénéficiaires confortables. Si on se plongeait dans la lecture des journaux datant du début des Ramadhans 2010, 2009, 2008…, on y trouverait sans aucun doute des copies conformes des livraisons de celui de 2011.

Les marronniers fleurissent sous toutes les latitudes. Dans tous les pays, les phénomènes cycliques donnent lieu au même bégaiement médiatique. La différence, dans l’Algérie plongée dans la léthargie d’un début de jeûne suffocant, c’est que les journalistes ne s’arrêtent pas au constat mais font assaut d’indignations recuites et proposent les mêmes solutions dont on a expérimenté le caractère impraticable lors des épisodes précédents.

Les soucis liés au caractère particulier de ce mois sont légitimes. Mais pourquoi diable reproduire à l’identique des approches dont la vanité a été largement démontrée ? Pourquoi s’échiner à en appeler à l’Etat alors que les journalistes et une grande partie du public savent que les prix sont libres ? Pourquoi s’entêter à en appeler à la piété des commerçants quand on a expérimenté la vanité de ce genre d’appels ? Pourquoi reproduire les mêmes analyses, les mêmes colères? Pourquoi s’entêter à proposer les mêmes pseudo-remèdes qui ont montré leur inutilité ?

Une des définitions de la folie est de croire qu’on peut répéter indéfiniment la même chose en escomptant un résultat différent.

Voici une belle définition, ô combien pertinente sous nos latitudes.

Elle ne vaut pas seulement pour le Ramadhan. Elle s’applique à peu près partout.

Prenons quelques exemples, au hasard.

La saleté ! Ah, le beau marronnier populaire ! Le chœur des trente millions d’Algériens entonne chaque matin la même rengaine : « Mon Dieu, que les gens sont sales ! Mais que fait la police ? ». Personne ne s’attribue la moindre responsabilité individuelle, personne ne s’interroge sur sa contribution à l’effort collectif de défiguration de nos paysages urbains. En Algérie, « les autres » se traduit par « pas moi ».

Une anecdote à propos de notre incapacité à lier l’état général de notre pays à notre comportement individuel. Nous sommes un groupe d’amis assis autour d’une meïda à l’occasion d’un mariage. Nous devisons en savourant un excellent couscous. L’un des convives se dévoue pour découper le traditionnel morceau de viande épaisse. Il nous en distribue une part pour chacun. Tout en officiant, il nous annonce qu’il vient de faire des analyses de sang à la demande de son médecin. Il ajoute, en enfournant un superbe morceau de gras, qu’on lui a trouvé du cholestérol et se demande comment il a bien pu attraper cette « saloperie »…

On sait aujourd’hui que l’Université a failli dans sa mission de former les cadres de la Nation. Cela fait quelque temps qu’on le subodore. Maintenant, on en a la certitude. Il existe en effet des instruments de mesure que, n’en déplaise au Ministre de l’Enseignement Supérieur, l’on ne peut remettre en cause. Ils indiquent de façon claire la déchéance de nos universités, dépassées par bon nombre d’établissements de pays africains bien moins nantis financièrement que notre pays. Face à cela, sans nous attarder sur la tentative de déni pathétique du responsable en chef de cette situation, il n’y a pas de réponse. On continue comme avant à inscrire des cohortes de bacheliers dont l’avenir est déterminé par leurs notes au baccalauréat et non par une quelconque vocation. C’est ainsi que nous avons de nombreux médecins qui n’ont pas le moindre intérêt pour le métier qu’ils exercent de façon purement routinière, des professeurs dépourvus de l’envie de transmettre un savoir, du reste approximatif, à des jeunes gens qui, souvent, s’en moquent royalement, la majorité d’entre eux  n’étant obnubilée que par la sacro sainte note qui leur permettra de « fermer » l’année.

Les passe-droits, voilà un beau sujet d’indignation habituel. Tout le monde les dénonce ; tout le monde les pratique. Un quidam fait la queue devant un guichet de mairie en bouillonnant d’impatience. L’impatience devient exaspération quand des privilégiés sont invités à quitter le rang des mortels ordinaires pour accéder au saint des saints où leur sera délivré en priorité le document désiré. Et puis, la colère fond parce que quelqu’un est venu taper sur l’épaule du quidam (Wech ! Ca va, cousin ? Besoin de quelque chose ?) et l’invite à le suivre dans son bureau où, le temps d’un expresso et d’une cigarette, il empochera l’acte de naissance ou le certificat de résidence attendus et quittera la mairie avec un regard méprisant pour les galériens qui n’ont pas d’autre solution que d’attendre…

En fait, chacun de nous se comporte comme s’il était seul au monde. Chacun essaie de survivre comme s’il était sur une île déserte, entouré de fauves.

La minuterie de l’immeuble tombe en panne. Le coût de la réparation pour chaque copropriétaire est dérisoire. Toutefois, certains refusent de l’acquitter. La réparation ne sera pas effectuée. Chaque occupant accrochera une ampoule au-dessus de sa porte, ampoule qui brûlera toute la nuit. A terme, cette solution sera moins pratique et plus onéreuse que la réparation de la minuterie.

En règle générale, les solutions individuelles sont plus coûteuses que les solutions collectives. Pourtant, en Algérie, nous privilégions les premières.

C’est que l’action collective a un prix que nous ne sommes sans doute pas encore disposés à payer. Il s’agit pour chacun de modifier son comportement pour le rendre compatible avec la vie en communauté. Il faut que chacun s’astreigne à obéir à des règles communes, ne pas encombrer les parties communes, sortir les poubelles à des heures compatibles avec le passage des bennes, participer aux dépenses communes telles que celles occasionnées par le rafraîchissement des murs, le remplacement des vitres brisées…

En somme, il faut que chacun soit acteur de son cadre de vie, qu’il le façonne plutôt que d’être façonné par lui.

La citoyenneté ne se décrète pas. On n’est pas citoyen par la vertu de la naissance. On ne l’est pas parce qu’on est porteur d’une carte d’identité qui le proclame. Etre citoyen d’une Nation, c’est être reconnu comme un de ses bâtisseurs.

Les exemples qui précèdent peuvent paraître banals. Ils n’en sont pas moins révélateurs. Quand on accepte de vivre dans un immeuble sale et sans eau, quand on accepte de vivre dans un environnement dégradé en faisant mine de s’en indigner, on n’a pas le droit au titre de citoyen.

Nous y aurons droit le jour où nous ferons le lien entre nos attitudes individuelles et l’état de notre pays, le jour où nous cesserons de nous lamenter sur nous-mêmes et de vitupérer contre de mystérieux « autres » qui s’ingénieraient à nous empoisonner la vie.

Les « autres », c’est nous, avec nos petits égoïsmes imbéciles, nos petites lâchetés au quotidien qui nous poussent à accepter des passe-droits quand ils nous profitent tout en dénonçant ceux dont nous ne bénéficions pas.

Les « autres », c’est nous, avec nos  petites hypocrisies qui nous poussent souvent à faire montre d’une religiosité excessive, ostentatoire, à occuper les premiers rangs des prieurs du vendredi, pour nous racheter aux yeux de la société, croyons-nous, de nos malhonnêtetés, de nos mensonges…

Cela va plus loin qu’on ne le pense.

S’abstraire de toute allégeance à une règle commune, « ruser » avec la morale, s’habituer à vivre comme des loups solitaires dans une jungle jonchée d’immondices, c’est ainsi qu’on fait le lit de la corruption généralisée. C’est ainsi qu’on se retrouvera agonisant à la porte d’un hôpital, exclu d’une liste de bénéficiaires de logements…, parce qu’on n’a pas le numéro de téléphone qui nous permet de nous tirer de ces mauvais pas.

Oui, ces comportements ont une traduction politique.

Ils provoquent l’atomisation de la société et la rendent inapte à produire des contre pouvoirs susceptibles de contrôler l’action des gouvernements. Ils conduisent à l’état d’anomie, à une société sans règles, génératrice d’angoisse et de violence.

Reproduire à l’identique des comportements dont on sait, ou devrait savoir, qu’ils ne débouchent que sur la répétition de l’échec, s’absoudre en tant que personne de toute responsabilité individuelle, c’est ainsi que nous nous installons dans la logique d’une faillite programmée que nous appelons « fatalité » pour nous dispenser de l’effort nécessaire pour changer le cours des choses.

Nous pourrons saluer la prémisse d’un changement le jour où chacun d’entre nous fera sa part de son travail de citoyen, en se préoccupant de son quartier, de l’éducation de ses enfants, en s’inscrivant dans l’action collective  au profit du plus grand nombre. Nous aurons le droit d’espérer le jour où nos comportements ne seront plus dictés par le conservatisme maladif que distille une société en manque de repères et qui a peut-être besoin d’être bousculée pour enfin se réaliser.

Nous aurons le droit d’espérer quand nous en finirons avec la haine de soi qui nous fait percevoir l’autre comme un ennemi.

Nous aurons le droit d’espérer quand nous aurons retrouvé, avec la confiance en nous, le sentiment d’une communauté de destin, gage du succès de l’aventure collective de construction d’une société apaisée et moderne.

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Published by Brahim Senouci
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mour 16/08/2011 14:38


Citoyenneté forcée
Une société qui est dans le fond tribale attend la moindre occasion pour montrer sa véritable nature.
Notre pays a subit depuis la colonisation un groupement de vie en siccité par la force des armes ; étant donné les problèmes de gestion des armés françaises à contrôler et gérer les populations
issus de plusieurs tribus en groupements citadin.
Avant et Durant la révolution le peuple Algérien d’origine tribale a était, au début, éduqué par les nationalistes et les oulémas pour vivre en un seul pays l’Algérie et combattre l’esprit tribal
représenté par les « mauvaises » zaouias, les gaïdes, et l’esprit tribale. Alors, que pendant la révolution le FLN a appliqué une politique très dure d’implication des populations au fait national
même par le couteau des fois.
Apres l’indépendance, l’état à importé un système socialiste et appliqué à la population, depuis lors, une forme de citoyenneté est née.
Cette citoyenneté forcée a vécue depuis dans l’esprit des gens, mais n’a pas réellement éradiquée l’esprit tribal caché qui se manifeste sous divers formes tels « El maârifa », le régionalisme,
el-Orochia, etc. même sous le poids de l’état est née une autre forme tels « ouled el-houma » fils de quartier, c’est un phénomène inéluctable.
Sachant qu’on définie la citoyenneté comme le fait qu’une personne, qu’une famille ou qu’un groupe, d'être reconnu comme membre d'une cité (aujourd'hui d'un État) nourrissant un projet commun
auquel ils souhaitent prendre une part active. La citoyenneté comporte des droits civils et politiques et des devoirs civiques définissant le rôle du citoyen dans la cité et face aux institutions.
Au sens juridique, c'est un principe de légitimité : un citoyen est un sujet de droit. Le mot nationalité - pris au sens politique du terme - est par ailleurs utilisé pour désigner la citoyenneté
[Wikimedia ].
C’est pourquoi, je pense, que si des individués pensent que les intérêts de leur personnes ou familles ou tribus ou quartiers sont plus importants que l’intérêt général de la nation c’est des gens
non civique.
Je pense, qu’une fois les forces qui maintiennent la Citoyenneté forcée en exerce disparaissent, l’Algérie redeviendra comme elle était avant les turcs, les français etc. les lueurs, de cet état,
sont ceux décrits par les différents événements dures qui ont secoué notre pays et aujourd’hui même par ces bandes de « ouled-houma » etc.
La


Weld a7lal 10/08/2011 14:26


En somme, l’Algérien, qu’il soit un responsable ou un citoyen lambda, ne semble pas du tout gêné par les ordures qui s’amoncellent un peu partout dans le pays. Il paraît s’en accommoder.

C’est la preuve que les leçons de morale sur la propreté, qui foisonnent dans le discours politique, les prêches religieux, les cafés et les livres scolaires, ne sont que des mots. En Algérie, on
parle beaucoup. Ça jacte sans répit. Et nous savons que l’abondance des paroles est inversement proportionnelle à l’action.

Beaucoup parmi les responsables qui sont payés grassement pour s’occuper soigneusement et rigoureusement de ce pauvre petit pays ne le font pas. Pourtant, ils sont très nombreux à être concernés
par la chose publique. Que font-ils au juste ? Ils font ce qu’ils peuvent.

Ils bricolent. Ils produisent de jolis mots qui sonnent bien mais creux. Comme ces amandes vides à l’intérieur, ou abritant des trucs ratatinés immangeables. Il faut les écouter, quand ils se
mettent à façonner le monde avec des mots, le geste large, ruisselants de passion et d’enthousiasme. Mais c’est tout. Des paroles.

Utilisées souvent comme on utilise une échelle. Pour monter vers les sommets qui permettent de calmer les frustrations qui pullulent dans le corps. Le problème, c’est qu’après avoir parlé, ils
croient dur comme fer qu’ils ont travaillé et qu’ils ont changé les choses. Et ils le disent partout où ils rencontrent une oreille attentive.

Ou simplement une oreille qui n’a rien à foutre et qui s’ennuie. Ou alors une oreille qui a des idées derrière la tête. Ou ces oreilles qu’on met de temps à autre dans la remorque d’un camion afin
qu’elles applaudissent dans un meeting.

Et pendant que ça cause, la saleté, elle, continue allègrement d’envahir la contrée. D’avancer comme une fatalité. D’enlaidir un environnement déjà suffisamment laid. De nourrir les chiens et les
chats errants qui ont envahi tous les espaces, y compris l’université, où ils se promènent parmi les étudiants et les enseignants sans la moindre inquiétude, aboyant parfois effroyablement après
eux, se multipliant en toute sécurité, les veinards !

La saleté sert aussi d’aires de jeux pour des élèves à qui des instituteurs ressassent les dangers de la pollution et les vertus de la propreté. C’est que l’école algérienne est une école qui
apprend à ses écoliers les bienfaits de l’hygiène dans un environnement d’une saleté repoussante. Il suffit de visiter les toilettes de cette école pour avoir une idée des dangers que courent nos
enfants et particulièrement nos filles.

C’est que là aussi on parle. La réforme du système éducatif. Joli assemblage de mots. Très joli. Même des universitaires qui sont censés avoir un peu de jugeote font dans le discours avec une
jubilation contagieuse. Ils ont la bouche et la plume bourrées de mots qui sonnent bien mais creux.

Comme les amandes de tout à l’heure. Des mots qu’on est allé glaner dans le Canada et la Belgique, confondant l’environnement du petit Canadien et l’environnement du petit Belge avec celui du
pauvre petit Algérien.

Ils sont tellement fascinés par ces mots importés qu’ils ont oublié que le petit Canadien et le petit Belge ne risqueront jamais de rencontrer sur leur chemin une benne à ordures où des ordures
pourrissent sous le soleil.

Mais le petit Algérien n’est pas un idiot. Il a compris depuis longtemps, le malin, que les adultes qui s’occupent de son avenir à tous les niveaux vivent dans le discours, et qu’ils lui demandent
de reproduire ce discours dans sa copie, c’est-à-dire de les imiter. Il sait que l’école algérienne raconte des histoires qui n’ont rien à voir avec le monde et les gens qui l’entourent.

Alors, pour avoir la paix et une note convenable, il apprend par coeur ses leçons sur la propreté. Il emmagasine dans sa petite tête de mioche rusé les jolies phrases qu’on lui sert.

Dans un F3 où l’eau est une denrée rare stockée dans des jerricans et des bouteilles en plastique, et situé dans un quartier où les immondices sont déposées à même le sol où elles se décomposent
pendant des heures et parfois des journées entières.

Pourrissant l’atmosphère et grouillant de vers et de mouches, ces dernières envahissant sa maison pour se reposer quand elles sont rassasiées.

De deux choses l’une : soit que ces responsables sont incapables de produire des idées pour nettoyer ce pays, soit ils sont fascinés par autre chose qui les empêche de bosser et de faire le travail
pour lequel ils sont payés grassement. Dans les deux cas, on les plaint sincèrement et leur souhaite un prompt rétablissement.

Pourtant la chose est facile. Le pays a beaucoup d’argent et l’Algérien peut vivre avec l’aumône qu’on appelle chez nous un salaire. Il s’est tellement habitué le pauvre qu’il pourrait trimer une
journée complète pour quelques sous.

Les sceptiques n’ont qu’à faire un tour dans les chantiers que chante sans répit une certaine presse. Là-dedans, des bougres bossent comme des mulets, bouffent de la carentita infecte arrosée de
limonade infecte, dans une poussière suffocante et infecte, et rentrent chez eux le soir, le corps esquinté, dans un foyer où il n’y a pas suffisamment d’eau pour se nettoyer convenablement, pour
percevoir à la fin du mois une misère qui leur bousille les nerfs, tellement ils ne savent pas comment la gérer.

S’ils n’avaient Dieu vers Qui ils lèvent leurs mains et leurs yeux chaque fois qu’ils désespèrent, ils auraient été détraqués par ces calculs inextricables.

Même un ordinateur serait incapable de les aider. Rien que de penser à ce qu’ils endurent les pauvres, on a envie de pleurer de honte. On a envie de se cacher. Pour ne pas assister à ce
spectacle.

Les responsables qui eux ne sont pas victimes de ces calculs qui détraquent les nerfs devraient de temps en temps aller dans les chantiers et observer ces êtres humains. Ceux-là ne parlent pas, ils
triment. Quand ils parlent, les mots qu’ils prononcent font partie du travail.

Et quand ils parlent dans le vide, quand ils s’amusent, leurs paroles sont gaies et vivantes et on a envie de les écouter pendant des heures.

C’est qu’ils savent causer et vivifier la langue, ces gens-là. Ce qu’ils disent n’a rien à voir avec la langue de bois éreintante que maîtrisent les politiques qui pensent l’avenir de la
nation.

Mais revenons à notre sujet : la saleté qui recouvre le pays. Nous voudrions à présent parler de ceux qui sont censés nous représenter à Alger.

Les députés, par exemple. Ces gens qui sont censés être nos porte-parole. Où sont-ils ? Maintenant qu’ils perçoivent un « salaire » qui fait dix fois celui d’un enseignant au lycée, on devrait les
voir plus souvent au travail.

Mais non. Ils sont encore fatigués par l’énorme boulot qu’ils ont dû faire pour être augmentés. C’est ainsi que le jour où on a décidé de gonfler leurs appointements, ils ont levé la main comme un
seul homme.

D’un coup. En dehors de quelques-uns qui ont exprimé leur vif désaccord mais qui n’ont pas démissionné. C’est que c’est difficile de quitter un espace aussi généreux et de revenir vers une vie
quotidienne qui a rempli les hôpitaux et les asiles du pays. Donnons-leur aussi un peu de temps. Quand ils auront fini de régler leurs problèmes, ils s’occuperont des nôtres.

Et de la saleté qu’ils voient tous les jours. Espérons seulement qu’ils vivent assez longtemps pour qu’ils en aient le temps. Il nous faudra aussi avouer que ce n’est pas facile de représenter le
peuple avec un « salaire » qui évoque un cadeau. Ils ne vont tout de même pas contrarier ce Destin merveilleux qui les a arrachés à la vie végétative que mènent ceux qui ont voté pour eux.

Mais peut-être qu’ils ne la voient pas cette saleté, nos responsables et nos députés ? Peut-être qu’ils trouvent la chose normale ? Qui sait ? L’habitude fait des miracles. Elle transforme des
choses anormales en choses naturelles.

Sinon, comment expliquer que dans tout le pays il n’existe pas un seul jardin public digne de ce nom ? Comment expliquer que nos cités sont des dortoirs ? D’une laideur accablante. Où les
locataires, à défaut de square et de bancs publics, utilisent des morceaux de carton et des pièces de parpaing comme des sièges.

Comment expliquer l’absence des toilettes publiques ? Nos responsables et nos chers députés ont-ils une idée de ce qu’endurent nos femmes et nos filles quand elles sont obligées de s’attarder
dehors et qu’elles ressentent ce besoin naturel ? Si, poussés par cette nécessité humiliante, les hommes se soulagent où ils peuvent, comment peut-on admettre que des femmes subissent cette torture
? Mais ce sont des femmes ! Elles n’ont qu’à rester chez elles ! Dans le foyer ! Le monde extérieur, c’est pour les mâles ! C’est notre brillante culture qui raconte cette histoire.

Et puis, c’est peut-être mieux comme ça pour elles. En effet, puisque ce monde extérieur leur est interdit, personne ne pourrait les accuser de la saleté qui règne dehors. En plus, il faut avouer
aussi qu’elles n’arrêtent pas de nettoyer chez elles.

Elles sont propres. Du coup, on est face à une évidence : les immondices qui s’accumulent sur le pays, elles n’ont rien à voir avec. Vous avez donc deviné jus


hamid 06/08/2011 13:24


tout ça est dans le fameux Doustour....,le probleme qui a intérêt a agiter notre societe de la sorte,c est ca le probleme....,les constats son claire...,les solutions aussi,est ce le probleme est
aux niveau du simple citoyen?
non, je ne pense pas,....comme disent les Algériens sans avoirs fais une analyse savante,...."c est voulu"...houma habou tamchi hakda....,


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