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22 octobre 2011 6 22 /10 /octobre /2011 14:27

Le grand écart des intellectuels algériens

 

On connait la répartition habituelle des pouvoirs dans un Etat respectueux de leur séparation. Le pouvoir législatif revient au Parlement (Assemblée Nationale et Sénat), l’exécutif au gouvernement (Chef de l’Etat, chef de gouvernement), le judiciaire aux juges. Cette répartition a été notamment théorisée par Montesquieu dans l’Esprit des Lois. Elle constitue le socle des démocraties représentatives. Bien avant Montesquieu, Aristote l’avait imaginée mais n’appelait pas à la séparation des pouvoirs. En son temps, on pouvait être juge et gouverner par exemple. C’est impossible dans les démocraties actuelles, très soucieuses de garantir l’indépendance de chacune des trois composantes vis-à-vis des deux autres.

Depuis quelques décennies, notamment depuis l’affaire du Watergate qui a montré comment des journalistes pouvaient faire tomber le Président du plus puissant pays du monde, un quatrième pouvoir a émergé, le pouvoir médiatique. Depuis, il n’a cessé de croître, parfois au détriment des trois autres, jusqu’à leur imposer un début d’hégémonie. Aux Etats-Unis, Fox News ou CNN, le New York Times ou le Washington Post, jouent un rôle déterminant dans la politique. Ces organes font et défont des réputations. Ils s’y entendent pour promouvoir des inconnus jusqu’à en faire des candidats crédibles aux élections sénatoriales, voire présidentielles. Dernière illustration, l’irruption de Herman Cain dans l’arène politique. Noir, ultra conservateur, inconnu du grand public, il est le probable adversaire républicain d’Obama à la prochaine élection présidentielle. D’une manière générale, on assiste dans les pays développés à un abaissement de la fonction de représentation politique depuis que les candidats à cette fonction doivent faire le siège des médias pour accéder à la visibilité. Il s’agit à l’évidence d’une dérive de la démocratie pouvant in fine la remettre en cause.

Certains intellectuels  participent de cette dérive. Ils ont le verbe facile et l’indignation vertueuse. Ils hantent les plateaux de télévision, les radios, les tribunes des plus grands journaux, et fournissent l’onction des clercs à la machine à broyer des médias. Ils s’illustrent notamment en fournissant pour chaque événement une grille de lecture simple, une sorte de prêt-à-penser qui dispense leurs lecteurs-auditeurs de tout effort de compréhension personnelle d’un monde dont la complexité est gommée.

La Palestine est un de leurs terrains favoris. Bernard-Henri Lévy et sa cohorte ont réussi dans une large mesure à imposer leur vision d’un conflit entre Israël et la Palestine, au mieux symétrique, au pire favorable à Israël. Ils ont largement justifié le massacre de Gaza et celui de Jénine que le susnommé Lévy décrivit naguère comme un combat de rues. Les médias leur ont globalement emboîté le pas. On a ainsi pu voir, pendant que l’aviation israélienne procédait à la destruction méthodique du réduit de Gaza, la détresse des familles… israéliennes de Sdérot sur les chaînes de télévision du service public en France. D’une manière générale, ils n’ont pas peu contribué à ce que les médias reprennent à leur compte une présentation totalement biaisée de la situation en Palestine.

D’autres intellectuels ont une vision beaucoup plus honnête, beaucoup plus respectueuse du droit et de la morale. Alain Badiou, Edgar Morin et bien d’autres ont une vision objective. Les premiers les considèrent comme des adversaires. Ils sont infiniment moins présents dans les médias. Au pire, ils sont traînés dans la boue ; Edgar Morin, juif, a été condamné pour… antisémitisme avant d’être blanchi en appel !

La Palestine n’est pas le terrain unique de leurs exploits. Le printemps arabe leur a donné l’occasion de se manifester à nouveau.

L’effet de surprise une fois passé, l’Egypte et la Tunisie ayant perdu leurs dictateurs, il fallait que Bernard-Henri Lévy et ses affidés reprennent la main. La Libye leur en a fourni l’occasion. Tout le monde sait qu’il a joué un rôle fondamental dans la décision de la France d’intervenir militairement, via l’OTAN. On peut diversement apprécier les résultats de cette intervention. Je ne crois pas que quiconque puisse soutenir Kadhafi. Pour autant, il ne doit pas y avoir grand-monde pour applaudir au spectacle de ces avions bombardant un pays arabe, encore moins à celui de l’indigne mise à mort d’un dictateur déchu. Comment ne pas se souvenir de l’Irak ? Le même catalogue de bonnes intentions nous avait été servi. Le méchant dictateur se balançait au bout d’une corde. Mais ce n’était pas grave, nous expliquait-on, juste des convulsions inévitables avant le passage à la lumière du progrès et de la modernité. On sait ce qu’il est advenu, un pays démembré, baignant dans le sang et la corruption sous l’œil goguenard de GI qui s’apprêtent à détaler sur un rythme de hard rock. Il y a hélas bien des chances pour que ce scénario se réédite en Libye. Il est certain que l’intervention en Libye, pas plus que sa devancière irakienne, n’a pas été dictée par le souci de la protection du peuple libyen. Il s’agit de tout autre chose. En témoignent les voyages d’hommes d’affaires et les discussions bruyantes sur la répartition du butin. Il y aussi le moins visible, les dégâts causés au printemps arabe. Désormais, les scénarios tunisien ou égyptien auront de moins en moins cours. Les peuples auront de moins en moins prise sur leurs destins. Aveugles, les tyrans actuels, comme Bachar El Assad, refusent de négocier avec leurs sociétés ; ce faisant, ils se condamnent eux-mêmes, ce qui n’est pas grave, mais ils condamnent leurs peuples à troquer la dictature contre un protectorat étranger au moins aussi prédateur que leurs dirigeants eux-mêmes.

Gérard Longuet, ministre français de la Défense, et Bernard-Henri Lévy ont échangé force compliments sur la magnifique « réussite » de l’équipée libyenne. Longuet s’est félicité, devant un Lévy vaguement gêné, de la belle alliance entre une armée courageuse et des intellectuels de valeur…

L’Algérie fait très probablement l’objet de discussions dans les états-majors occidentaux. Le plus vaste pays d’Afrique, le plus grand rivage du Sud de la Méditerranée, l’un des principaux producteurs de gaz, ne peut laisser indifférent. Il y a donc fort à parier que des think tank phosphorent dans le secret des cabinets ministériels occidentaux…

Quid de notre système de défense ? Je ne parle pas de notre appareil militaire qui est entouré, je l’espère, d’un secret bienvenu. Je parle de la capacité de notre société à résister à des sirènes étrangères qui pourraient lui vanter les bénéfices d’une sortie du système actuel pour entrer dans les « délices » d’une démocratie occidentale à l’ombre de laquelle elle pourrait « prospérer ».  Il n’est pas indifférent de noter que c’est somme toute l’une des sociétés les plus frustes du monde arabe qui s’est abandonnée à la mainmise étrangère. Les sociétés tunisienne et égyptienne sont plus sophistiquées, plus urbaines. Elles offrent bien moins de prise aux pièges. La société égyptienne, quoi qu’on en dise, a une tradition artistique, littéraire, importante. Elle a enfanté des intellectuels de renom, qui se sont largement exprimés et dont les noms sont respectés. Taha Hussein, Naguib Mahfoud, sont de ceux-là. Tewfiq El Hakim, dans son livre, Le journal d’un substitut de campagne, a décrit à merveille la société dans laquelle il baignait. En même temps, tout en étant profondément immergés dans l’Egypte profonde, ils étaient ouverts sur le monde. En témoignent l’énorme succès du Prix Nobel Naguib Mahfoud, ou les adaptations théâtrales d’Œdipe Roi par Tewfiq El Hakim. Ces intellectuels ont participé aux combats politiques. Ils ont joué un rôle d’aiguillon et d’éclaireurs pour leurs compatriotes qui les écoutaient parce qu’ils leur ressemblaient.

Le rôle des intellectuels est en effet de fournir du sens à ce qui n’est parfois perçu que comme un gigantesque chaos. Ils contribuent donc de façon déterminante à armer les sociétés dans lesquelles ils évoluent contre d’éventuelles dérives. Ils le font d’autant mieux qu’ils procèdent de la matrice culturelle familière à leurs peuples…

En Algérie, Alloula, Benhadouga étaient plutôt dans cette veine. Ils parlaient la langue du peuple et partageaient son imaginaire. Kateb Yacine, bien que francophone, était dans ce cas. D’autres encore répondent à cette définition. Ce n’est pas un hasard s’ils sont respectés en Algérie. Certains ne trouveront pas place dans cette classification, parce qu’ils sont porteurs d’une rupture inconsciente. Ils ont exprimé, avec une force bienvenue, leur rage contre le terrorisme et l’intégrisme, au moment où des dizaines de milliers d’Algériens étaient massacrés dans des conditions atroces. Je songe aux Agneaux du Seigneur de Khadra ou au Serment des Barbares de Sansal. Ce dernier pose en particulier la question de l’identité qui lui semble être la racine du drame. C’est bien de poser la question. C’est périlleux de vouloir y répondre de façon simple. C’est le piège dans lequel tombe Sansal. Dans un documentaire qui lui a été consacré par Arte (http://videos.arte.tv/fr/videos/boualem_sansal-4192426.html), il en vient à ce qui explique peut-être la faveur dont il jouit en Occident, notamment en France. La dénonciation pertinente de l’intégrisme produit en lui une sorte d’aveuglement. Il en vient à jeter par-dessus bord à peu près tout ce qui pourrait faire sens en Algérie. La culture, parce qu’adossée à une religiosité étouffante, est honnie. Son émotion est convoquée au moment où il voit des pieds-noirs embarquant sur les bateaux de l’exode. Cette émotion peut être justifiée. Mais pourquoi n’a-t-il pas de mots pour son peuple enfumé, emmuré, massacré ? Il y a plus grave. Parlant de son livre, Le Village de l’Allemand, il explique benoîtement le lien étroit entre les maquisards du Front de Libération Nationale, le Front Islamique du Salut et le Nazisme ! Il parle même d’une étrange rencontre organisée par Hitler avec notamment des leaders algériens. L’objet de la rencontre en question aurait été de sceller une alliance avec l’ennemi commun franco-britannique, en échange de la promesse du Führer de permettre l’instauration de l’islamisme comme régime de gouvernement dans les futurs Etats indépendants ! Ce que le jour doit à la nuit, de Yasmina Khadra, semble laisser planer l’ombre de la nostalgie de l’époque coloniale. Toutefois, c’est le privilège de l’écrivain que de nourrir la complexité des choses. Le tableau se simplifie singulièrement quand le même Yasmina Khadra confie l’adaptation cinématographique de son ouvrage à un nostalgique assumé de cette période, sioniste notoire de surcroît, Alexandre Arcady…

Il n’est pas question de chasse aux sorcières ici. Je ne crois pas aux intentions malveillantes. Mais on ne peut éluder ce constat évident d’une rupture entre les intellectuels les plus connus en France et la société algérienne. Ce n’est pas tout d’être reconnu à l’étranger. Ce n’est même rien si on ne l’est pas d’abord par les siens. Ecoutons Jacques Berque, intellectuel algérien authentique, réagir à la création en France du CISIA (Comité international de solidarité avec les intellectuels algériens) :

J’ai appris qu’un Comité international de solidarité avec les intellectuels algériens a été créé. La solidarité mondiale doit s’exercer pour protéger tout Algérien et tout intellectuel menacé dans le monde. C’est un devoir pour chacun de nous. J’ai moi-même exercé ce devoir de solidarité pour Abraham Serfati et deux ou trois autres en Tunisie. Mais laissez-moi vous dire ce que toute une vie d’expérience m’a appris : premièrement, les problèmes d’une société, seule cette société peut les résoudre ; deuxièmement, une intelligentsia est évidemment en correspondance avec l’ensemble du monde, mais elle doit d’abord être en phase avec sa propre société.

La société algérienne ne peut pas être représentée, encore moins armée et défendue, par des intellectuels qui ne se sentent à l’aise que sur des plateaux de télévision où on leur manifeste d’autant plus de sympathie qu’ils expriment tout haut ce que leurs hôtes n’osent dire. Ils confortent ainsi la fausse opinion que leurs protecteurs se font de ladite société et alimentent les fantasmes qui ont présidé aux expéditions coloniales. Ils se font aussi, à leur corps défendant, les justificateurs des interventions occidentales en ne voyant dans le mal absolu que l’intégrisme et non le sort fait par la prétendue « communauté internationale » aux peuples du Sud ou l’idée que se font de la justice internationale les puissances qui aident Israël à détruire la Palestine…

 

 

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Published by Brahim Senouci
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commentaires

Safiya 20/03/2012 08:30

Non, mille fois non, feu Kadhafi n'était pas un dictateur et viendra le temps ou la vérité sera rétablie.
Bachar al Assad n'est pas plus tyran que vous et moi !

Ce qui m'attriste, c'est que vous cédez aux sirènes qui nous abreuvent depuis nombre d'années et vous réagissez selon le formatage voulu. Dommage...

Quant à Kateb Yacine, sa francophonie était dans le domaine du livre, tout comme Alloula, son théâtre était dans la langue du terroir.

Je regrette mon post concernant votre dernier article dans lequel je vous rangeais dans le camp des Justes, j'en doute, quelque peu, à présent...

Néanmoins, un cordial et sororal salut !

Hamoud 07/02/2012 16:57

Désolé, votre article manque de rigueur et abonde de contre vérité. L'amalgame et le parti-pris ne sont pas de bons outils d'analyse de situations souvent complexes. Alors, les contradictions
s'embusquent dans votre texte sans que vous en apercevez.
Vous reprochez notamment à un politicard de Claude Guéant ce que vous vous permettez sans sourciller en qualifiant de frustre la société libyenne... Confondre une société dans ce qu'elle a de
complexe et de riche pour elle et l'humanité entière avec le système impérialiste et colonial c'est comme mettre dans le même sac Kateb Yacine, Jacques Berques, Saint Augustin, Apulée, BenBadis, Md
Akroun et bien d'autres icones avec les déchets de l'histoire algérienne passés et présents que je n'ai pas besoin de nommer, Amicale salutation.

Zabana 28/10/2011 01:38


Objet : Les vrais raisons de la gerre de l 'occident contre la Libye





Les vrais raisons de la gerre de l occident
contre la Libye


1- le premier satellite africain

C’est la Libye de Kadhafi qui offre à toute l’Afrique sa première vraie
révolution des temps modernes: assurer la couverture universelle du continent
pour la téléphonie, la télévision, la radiodiffusion et de multiples autres
applications telles que la télémédecine et l’enseignement à distance. Pour la
première fois, une connexion à bas coût devient disponible sur tout le
continent, jusque dans les zones rurales grâce au système par pont radio Wimax.

L’histoire démarre en 1992, lorsque 45 pays africains créent la société RASCOM ,
pour disposer d’un satellite africain et faire chuter les coûts de communication
sur le continent. Téléphoner de et vers l’Afrique était alors le tarif le plus
cher au monde, parce qu’il y avait un impôt de 500 millions de dollars que
l’Europe encaissait, par an, sur les conversations téléphoniques, même à
l’intérieur d’un même pays africain, pour le transit des voix sur les satellites
européens comme Intelsat. Un satellite africain coûtait seulement 400 millions
de dollars, payable en une seule fois. Cela aurait permis de ne plus avoir à
payer les 500 millions de location par an. Quel sain banquier ne financerait-il
pas un tel projet? Seulement, l’équation la plus difficile à résoudre était, en
réalité, la suivante: comment l’esclave peut-il s’affranchir de l’exploitation
servile de son maître, en sollicitant l’aide de ce dernier pour y parvenir?
Ainsi, la Banque Mondiale , le Fonds Monétaire Internationale (FMI), les
Etats-Unis et l’Union Européenne ont fait patienter inutilement ces pays pendant
14 ans…

C’est en 2006 que Kadhafi met fin aux supplices occasionnés par l’inutile
mendicité à nos prétendus bienfaiteurs occidentaux, experts dans la pratique de
prêts à des taux usuraires. Le guide Libyen a ainsi mis sur la table 300
millions de dollars, la Banque Africaine de Développement (BAD) a apporté 50
millions de dollars, la Banque Ouest Africaine de Développement (BOAD) a mis 27
millions de dollars, et c’est ainsi que l’Afrique a, depuis le 26 décembre
2007, le tout premier satellite de communication de son histoire. Dans la
foulée, la Chine et la Russie s’y sont mises, cette fois, en cédant leur
technologie, ce qui a permis le lancement de nouveaux satellites nationaux,
Sud-Africain, Nigérian, Angolais et Algérien. Suivra même un deuxième satellite
africain lancé en juillet 2010. Et on attend pour 2020, le tout premier
satellite technologiquement 100% africain, construit sur le sol africain,
notamment en Algérie. Ce satellite est prévu pour concurrencer les meilleurs du
monde, mais à un coût 10 fois inférieur: un vrai défi.

Voilà comment un simple geste symbolique de 300 petits millions de dollars peut
changer la vie de tout un continent. La Libye de Kadhafi a fait perdre à
l’Occident, pas seulement 500 millions de dollars par an, mais les milliards de
dollars de dettes et d’intérêts que cette même dette permettait de générer à
l’infini, de façon exponentielle, contribuant ainsi à entretenir le système
occulte pour dépouiller l’Afrique.

2) Fond Monétaire Africain (FMA), Banque Centrale Africaine (BCA), Banque
Africaine des Investissements (BAI)

Les 30 milliards de dollars d’actifs Lybiens récemment saisis par Barack Obama
(sous le fallacieux prétexte de sanctions contre Khadafi) appartiennent à la
Banque Centrale Libyenne. Ils étaient prévus pour la contribution libyenne à la
finalisation de la Fédération Africaine à travers 3 projets phares:
- (i) la Banque Africaine d’Investissement (BAI) à Syrte en Libye,
- (ii) la création, dès 2011, du Fond Monétaire Africain (FMA) avec un capital
de 42 milliards de dollars, avec Yaoundé pour siège,
- (iii) la Banque Centrale Africaine (BCA), avec le siège à Abuja au Nigeria
(dont la première émission de monnaie africaine signera certainement la fin du
Franc CFA, par lequel Paris a la main mise sur certains pays africains depuis 50
ans).

On comprend dès lors la rage de Paris contre Kadhafi. Le Fond Monétaire Africain
(FMA) doit remplacer en tout et pour tout les activités sur le sol africain du
Fond Monétaire International (FMI) qui, avec seulement 25 milliards de dollars
de capital, a pu mettre à genoux tout un continent avec des privatisations
discutables, comme le fait d’obliger les pays africains à passer d’un monopole
publique à un monopole privé. Comble du vice, ce sont les mêmes pays occidentaux
qui ont frappés à la porte pour devenir eux aussi membres du Fond Monétaire
Africain (FMA). Heureusement, c’est à l’unanimité que, les 16 et 17 décembre
2010 à Yaoundé, les Africains ont repoussé cette convoitise, instituant que
seuls les pays africains seront membres de ce Fonds Monétaire Africain (FMA).

Il est donc évident qu’après la Libye , la coalition occidentale déclarera sa
prochaine guerre à l’Algérie. En effet, ce pays, en plus des ses ressources
énergétiques énormes, possède une réserve monétaire de 150 milliards d’euros,
convoités par tous les pays qui bombardent la Libye. Car ceux-ci ont tous
quelquechose en commun: ils sont tous financièrement en quasi faillite; les USA
à eux seuls ont 14.000 milliards de dollars de dettes, tandis que la France , la
Grande Bretagne et l’Italie ont chacun environ 2.000 milliards de dettes
publiques. Pendant ce temps, les 46 pays d’Afrique Noire ont, au total, moins de
400 milliards de dollars de dettes publiques…

Créer des fausses guerres en Afrique, dans l’espoir de trouver de l’oxygène pour
continuer leur apnée économique (qui ne fait que s’empirer), est une stratégie
destinée qui ne fera qu’enfoncer les Occidentaux dans leur déclin. Celui-ci a
pris son envol en 1884, lors de la fameuse Conférence de Berlin. Car comme
l’avait prédit l’économiste [Ecossais] Adam Smith, dans son soutient à Abraham
Lincoln pour l’abolition de l’esclavage, « l’économie de tout pays qui pratique
l’esclavage des Noirs est en train d’amorcer une descente vers l’enfer qui sera
rude le jour où les autres nations vont se réveiller ».

3) Unions régionales comme frein à la création des Etats Unis d’Afrique

Pour déstabiliser et détruire l’Union Africaine (qui s’en va dangereusement, du
point de vue de l’Occident, vers les Etats-Unis d’Afrique, avec la main de
maître de Kadhafi), l’Union Européenne a d’abord tenté, sans y parvenir, la
carte de la création de l’Union Pour la Méditerranée (UPM). Il fallait à tout
prix couper l’Afrique du Nord du reste de l’Afrique, en mettant en avant les
mêmes thèses racistes des 18è et 19è siècles, selon lesquels les populations
africaines d’origine Arabes sont plus évoluées, plus civilisées que le reste du
continent. Ce projet a échoué parce que Kadhafi a refusé d’y aller. Il a compris
très vite le jeu de l’Union Européenne, dès lors que l’on s’est mis à parler de
Méditerranée, en associant quelques pays africains (sans en informer l’Union
Africaine) et en invitant tous les 27 pays de l’Union Européenne. L’Union Pour
la Méditerranée (UPM), sans le principal moteur de la Fédération Africaine ,
était foirée avant même de commencer, un mort-né avec Sarkozy comme Président et
Moubarack comme Vice-Président. C’est ce projet qu’Alain Juppé tente de relancer
aujourd’hui, tout en misant sur la chute de Kadhafi…

Mais ce que les dirigeants africains ne comprennent pas est que, tant que ce
sera l’Union Européenne qui finance l’Union Africaine, on sera toujours au point
de départ. Car dans ces conditions, il n’y aura pas d’indépendance effective.
C’est dans le même sens que l’Union Européenne (UE) a encouragé et financé les
regroupements régionaux en Afrique. En effet, il est évident que la Communauté
des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), qui a une ambassade à Bruxelles, et
qui tire l’essentiel de son financement de l’Union Européenne (UE), est un
obstacle majeur contre la Fédération Africaine envisagée par Kadhafi. C’est ce
système qu’Abraham Lincoln avait combattu dans la guerre de sécession aux
Etats-Unis, parce qu’à partir du moment où un groupe de pays se retrouvent
autour d’une organisation politique régionale, cela ne peut que fragiliser
l’organe central. C’est ce que l’Europe voulait. Et c’est ce que les Africains
n’ont pas compris en créant coup sur coup, la COMESA , l’UDEAC, la SADC et le
Grand Maghreb (qui n’a d’ailleurs jamais fonctionné, encore une fois, grâce à
Kadhafi, qui lui l’avait très bien compris).

4) Kadhafi, l’Africain qui a permis de laver l’humiliation de l’Apartheid

Kadhafi est dans le cœur de beaucoup d’Africains, comme un homme très généreux
et humaniste, pour son so


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