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1 novembre 2010 1 01 /11 /novembre /2010 11:31

Lettre d’Ahmed Zabana à ses parents.

Mes chers parents, ma chère mère,

Je vous écris sans savoir si cette lettre sera la dernière et cela, Dieu seul le sait. Si je subis un

malheur quel qu’il soit, ne désespérez pas de la miséricorde de Dieu car la mort pour la cause de Dieu

est une vie qui n’a pas de fin, et la mort pour la patrie n’est qu’un devoir. Vous avez accompli votre

devoir puisque vous avez sacrifié l’être le plus cher pour vous. Ne me pleurez pas et soyez fiers de

moi. Enfin, recevez les salutations d’un fils et d’un frère qui vous a toujours aimés et que vous avez

toujours aimé. Ce sont peut-être là les plus belles salutations que vous recevez de ma part, à toi ma

mère et à toi mon père ainsi qu’à Nora, El Houari, Halima, El Habib, Fatma, Kheïra, Salah, Dinya et à

toi, mon cher frère Abdelkader ainsi qu’à tous ceux qui partageront votre peine. Allah est Le Plus-

Grand et Il est seul à être équitable.

Votre fils et frère qui vous aime de tout son coeur.

Hmida*.

*Surnom affectueux d’Ahmed Zabana

Biographie :

Ahmed Zahana, plus connu sous le non de Zabana, est né en 1926 dans le quartier d'El-Hamri, à Oran. Il y fit ses études

primaires, obtient son certificat d'études et s'inscrit dans un centre de formation professionnelle, où il apprit le métier de

soudeur.

En 1949, Ahmed Zahana adhérait au Mouvement pour le Triomphe des Libertés Démocratiques (MTLD.) Son dynamisme ne

tarda pas à attirer sur lui l'attention de la police française qui l'arrêta le 2 mars 1950. Il fut condamné par la justice coloniale à

trois ans de prison et trois ans d'interdiction de séjour.

Dès sa libération, il reprit ses activités politiques avec autant d'ardeur que par le passé et participa aux préparatifs du

déclenchement de la guerre de libération nationale. Dans la nuit du 1er novembre 1954, il organisa avec un groupe de patriotes

l'attaque contre le poste des gardes forestiers d'Oran.

Le 11 novembre de la même année, à l'issue d'un accrochage meurtrier au cours duquel il fut d'ailleurs blessé, à Gharboudjlid,

il fut prisonnier et conduit d'abord à l'hôpital, ensuite à la prison d'Oran.

Jugé sommairement et condamné à mort, il fut le premier martyr depuis le déclenchement de la guerre de libération nationale à

monter sur l'échafaud, le 19 juin 1956, dans l'enceinte de la prison de Barbarousse, sur les hauteurs d'Alger.

Son exécution ainsi que celle de Ferradj avaient été réclamées à cor et cri par les milieux colonialistes dits "ultra", qui en firent

un motif de satisfaction. Mais l'événement provoqua dans l'opinion algérienne un mouvement de colère si puissant qu'il ne tarda

pas à se traduire par une série d'actions anticolonialiste. C'est ce climat d'effervescence qui prépara la bataille d'Alger.

La sinistre guillotine avec laquelle fut exécuté Ahmed Zabana et tant d'autres moudjahidin se trouve au musée central de

l'armée.

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Published by Brahim Senouci
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commentaires

hamid 08/11/2010 22:04


Avoir du courage d annoncer sa mort.

Avoir du courage de les réconforter.

Avoir le sens du devoir,

Se sacrifier pour que vive l Algérie,

il fut un temps ou le devoir avait un sens.


J ai la chair de poule,et du fond du cœur


ALLAH YARHAMKOUM


naib lahouari 05/11/2010 20:31


salam des informations tres utiles a corriger: 1) mr ahmed zahana est en 1926 a zahana et non a el hamri -oran.


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