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18 janvier 2011 2 18 /01 /janvier /2011 11:13

"Il faut que tout change pour que rien ne change",

Tunisie, la révolution confisquée ?

 

Décidément, la célèbre phrase que met Giuseppe Tomasi, prince de Lampedusa, dans la bouche de Don Fabrizio Salina, personnage central du roman Le Guépard, semble plus que jamais d’actualité.

La  toile de fond du roman est l’unification italienne sous la houlette de Garibaldi, qui marqua la transition entre un ordre ancien et un nouvel ordre. L’auteur attaque l’opportunisme qui caractérisa cette époque, loin de l’image romantique dont elle bénéficie dans l’historiographie officielle de l’Italie. Il décrit la résistance de la noblesse à l’irruption de la modernité et comment, du fait de cette résistance, elle a participé à la naissance de la mafia actuelle.

Ce mot d’ordre, il faut que tout change pour que rien ne change, est devenu le symbole de ce qu’on a appelé le conservatisme intelligent. Il rappelle la nécessité de réformer en douceur un système dominant pour lui permettre de perdurer. Les adeptes de l’immobilisme feraient ainsi le lit de la Révolution, il faut que rien ne change pour que tout change.

Ben Ali, conservateur à la poigne de fer, a maintenu un système rigide qui a amené l’explosion de décembre 2010-janvier 2011. Pour autant, l’explosion ne s’est pas encore traduite par une révolution. Le gouvernement qui vient de se constituer est une insulte aux sacrifices de la jeunesse de Tunisie. Comment peut-on imaginer un seul instant que les personnages qui ont interprété la partition écrite par Ben Ali pourraient en jouer une autre ? Or, ils restent aux commandes aux postes essentiels. N’ont été concédées à l’opposition officielle (celle qui était déjà tolérée par le dictateur) que quelques miettes. Par ailleurs, ce gouvernement "nouveau" vient d’annoncer que les prochaines élections législatives n’auront lieu que dans six mois…

A l’évidence, il y a une tentative de reprise en main, une sorte de contre révolution de velours, visant à déposséder le peuple tunisien de sa victoire. Cela se fait au nom de l’impératif de "stabilité" claironné par les dirigeants tunisiens et repris en boucle en France et aux Etats-Unis. Il faut que les touristes reviennent, c’est l’appel angoissé, lancinant des agences de voyages, des journaux télévisés qui présentent la grande détresse des rares (et donc courageux) touristes, continuant à siroter du thé à la menthe dans des hôtels de luxe et à faire leur gymnastique matinale sur des plages ensoleillées, en dépit de la menace des snipers et des pillards.

En bref, il faudrait que la Tunisie redevienne… la Tunisie, un pays prospère, peuplé de gens avenants, prévenants, dociles. Bien sûr, il faut prendre en compte leur colère passagère et leur accorder quelques petites libertés. Il faut surtout donner l’impression que ces changements sont profonds, radicaux même.

En bref, ce que font les dirigeants actuels consiste à convaincre le peuple que tout change pour qu’en réalité, rien ne change.

 

 

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Published by Brahim Senouci
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commentaires

rekik mohammed anouar 19/01/2011 08:43


charly pinto n'est pas le bienvenue sur ce blog et comme dirait les français il n'a pas vocation a y rester (pour mesurer mes mots)


aziz mouats 19/01/2011 07:18


@ charly pinto
merci pour les victimes collatérales, ça leur fer de belle jambes en bois.
Votre post en dit long sur la capacité de certains aux contorsions!
une médaille?


aziz Mouats 19/01/2011 07:07


Très juste et très pertinente analyse, sauf que la docilité du peuple Tunisien n'est qu'apparence. En plus, contrairement à l'Algérie, lui possède une élite, avec l'ensemble des attributs. Nous en
sommes très loin et c'est ce fossé qui fait la défférence


charly pinto 18/01/2011 15:45


Bonjour a vous mr SINOUCI,

J'ai lu plusieurs de vos post et je me doit de vous dire que vos propos a l'égard d'Israel incite les lecteurs a avoir de la haine contre cet état, vous mettez des articles qu'ils disent que l'état
d'Israel oppressent l'état palestinien, je tient a vous rappelez que la Palestine n'est point un état mais une terre dont un peuple arabe nommé "palestinien" en résident.Vos articles disent
qu'Israel commet des crimes de guerres, il y a la un amalgame puisque Israel ont une cible " les terroristes" (le Hamas,le Esbola...) les civils tuer au cour des opérations sont tous simplement des
dommages collatéraux malheureusement ce ne sont que des civils et je condamne formellement ses civils tuer en contre partie les terroristes ceux qui controlent le peuple palestinien leurs cible
sont les civils voila la grande différence.
L'oppresseur coule de source...

A bientot charly pinto.


rekik mohammed anouar 18/01/2011 14:56


oui monsieur senouci la précipitation dans laquelle l' occident et les tunisien eux même on crier victoire ne tenait pas du tout du réalisme,l'expérience faite par leur voisin algérien du
changement suite a un soulèvement populaire en dit très long sur la continuité des régimes arabes . déboulonner un système et un parti unique qui existe depuis la création de l'état indépendant
relève du miracle.
le parti baath d'Irak déstabilise et continuera a déstabilisé le pays j'usqua son retour et ce avec invasion et occupation d'un pays étranger.
le fln algérien déstabiliser mais pas mort après la création en deux jours et une nuit du rnd qui a servi de tremplin de retour.
le parti de moubarak la même chose
bachar el assad aussi
monarchie arabe comprise.
.....ect
je crois que chez nous,dans le monde arabe, en général, régner un petit peu et partager un petit peu,serai une très bonne alternative a régner sans partager et ca évitera les massacres de
population.


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