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25 septembre 2010 6 25 /09 /septembre /2010 18:49

De quoi discutent Abbas et Netanyahu ?

 

Abbas et Netanyahu ne discutent pas en ce moment de réfugiés, du statut de Jérusalem, des colonies. C’est qu’il y a bien plus urgent ; ils discutent d’un compromis sur la reprise de la colonisation après la fin du "moratoire" qui doit survenir le 26 septembre prochain. Signalons que le "moratoire" en question prévoyait un gel partiel de la colonisation. Les chantiers en cours ont pu se poursuivre ; surtout, Jérusalem-Est était exclue du champ de ce moratoire et était restée la proie des bulldozers et des pelleteuses. Les maisons palestiniennes continuaient d’être démolies, comme à l’accoutumée.

Abbas a commencé par demander la reconduction de ce "cadeau" offert aux Palestiniens. Il se contentait donc volontiers de la poursuite de l’effacement de la Jérusalem palestinienne et de l’extension des colonies déjà implantées en Cisjordanie. Il ne mettait pas d’autre condition à la poursuite des négociations. Mais il tenait particulièrement à celle-là, au point qu’il a menacé d’actionner la bombinette dont il dispose, le retrait des négociations.

Cette menace a impressionné Hillary Clinton. Elle l’a supplié de n’en rien faire tout en lui promettant un round de négociations sur l’"adaptation" du moratoire. L’Egypte a mis du sien. Elle prône le gel "silencieux", c’est-à-dire la poursuite du schéma précédent sans l’annoncer ce qui permettrait, selon elle, de berner le lobby des colons en lui faisant croire que la construction se poursuivait partout en Palestine occupée.

La négociation constitue pour Abbas un viatique irremplaçable. Qu’elle s’arrête et il se trouvera dans la position du cycliste monté sur un vélo immobile dépourvu de pédales. Le talent et la patience dont il a fait montre jusqu’ici n’empêcheront pas sa chute. Peu importe donc l’objet de la négociation, pourvu qu’il y ait du grain à moudre. Il s’agit aujourd’hui de discuter avec des Israéliens gentils et compréhensifs du nombre de logements qu’ils vont construire sur une terre dont ils s’engagent à négocier dans une phase ultérieure la restitution aux Palestiniens. Si vous percevez un léger problème quant à leur honnêteté, vous devriez consulter pour médisance, voire antisémitisme aggravé.

Abbas négocie. C’est la seule solution pour lui permettre de rester en vie. Il est probable que les négociations sur le moratoire échoueront (ce qui rendra caduques les négociations sur le statut des territoires occupés qui aurait dû leur succéder !). Les États-uniens vont s’atteler à trouver des pistes. Ils en trouveront. Peut-être pourrait-on, dans un souci d’apaisement, leur en suggérer quelques-unes.

1.      Mener la discussion sur le moratoire en langue inuit (langue qui ignore les mots moratoire, gel, colonisation).

2.      Entamer des pourparlers indirects sur l’usage de pistes cyclables accessibles aux Palestiniens, le long des routes réservées aux colons.

3.      Négocier la couleur et la forme de la SAINTE-TABLE DES NEGOCIATIONS.

4.      Discuter sur la construction d’une trémie à chaque check point. Elle permettrait le passage des Palestiniens de plus de 103 ans, disposant de toutes leurs dents, courant le 100 mètres en moins de 10 secondes.

5.      Convoquer une commission d’enquête israélienne chargée de réfléchir à la question : C’est quoi, un réfugié ?

6.      Sur la base de ces conclusions, permettre le retour du seul réfugié reconnu comme tel par cette commission, un alligator de Haïfa devenu végétarien par la force des choses.

7.      Offrir à Abbas, en cadeau de remerciement pour sa bonne volonté, un calendrier de négociations courant jusqu’à l’année 4520.

 

Liste non exhaustive !

 

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Published by Brahim Senouci
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rojo 26/09/2010 21:05


c'est trop fort!


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