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19 avril 2010 1 19 /04 /avril /2010 13:26

L’HUMANITÉ DES DÉBATS

Une mémoire d’Algérie à fleur de peau, entre horreurs du colonialisme et douleurs de l’exil

PAR FRANÇOISE GERMAIN-ROBIN

Algérie, une mémoire à vif, 
ou le caméléon albinos de Brahim Senouci, 
préface de Stéphane Hessel.Éditions l’Harmattan, 2010, 166 pages, 16 euros.

Voilà un livre que l’on aurait dû faire lire absolument à M. Besson et à tous ceux qui savent si bien manipuler le concept d’identité dans notre pays. Peut-être aurait-il provoqué ce « choc salutaire » dont parle l’ambassadeur de France Stéphane Hessel dans sa préface. Une mémoire à vif aurait tout aussi bien pu s’appeler une identité en pièces. Ce livre à fleur de peau est l’œuvre d’un Algérien chassé de sa patrie par cette nouvelle sorte de fascisme qu’est l’islamisme. Professeur d’université, marié à une Française, il a trouvé refuge dans la région parisienne, où il vit depuis plus de quinze ans. Le terrible paradoxe, c’est que la France qui l’a accueilli est ce même pays qui fut responsable de la mort – sans doute sous la torture – de son père qui avait rejoint le maquis pendant la guerre d’indépendance. Ce même pays qui fut aussi responsable d’une colonisation dont il est bien placé pour raconter les soi-disant « bienfaits ». Avec quelle amertume – teintée d’humour, parfois – et quelle érudition il rappelle les horreurs de la conquête, les villages et les champs détruits, les populations massacrées et gazées dans des grottes – cinq cent mille à un million de « barbares » éliminés par des généraux sans états d’âme. La langue, la culture, la religion, l’humanité même de tout un peuple nié, écrasé. Puis l’oppression et le mépris ordinaire du colon pour l’indigène. Ordinaire, car ce fut le lot de tous les pays colonisés. Sans exception. Et malgré cela, l’auteur, comme bien d’autres qui auraient tant de raisons de la haïr, aime la France. Celle de la révolution, « des Lumières, du surréalisme et du cinéma de Carné ». Celle de l’« universalité » d’idéaux généreux qui n’a rien à voir avec la mondialisation capitaliste à l’œuvre aujourd’hui. Celle pour qui des Algériens, des Marocains, des Sénégalais et tant d’autres Africains, sont venus se faire trouer la peau en Europe, croyant de bonne foi, en luttant contre fascisme et nazisme, se libérer eux-mêmes. En lisant ce livre, en remontant avec Brahim Senouci le cours de l’histoire, on est effaré des occasions manquées par les gouvernants de notre pays qui n’ont jamais voulu reconnaître ce que la France doit à ses ex-peuples coloniaux et tous les torts qu’elle leur a faits. Ni Besson ni Sarkozy n’en prennent le chemin.

http://www.humanite.fr/2010-04-17_L-Humanite-des-debats_Une-memoire-d-Algerie-a-fleur-de-peau-entre

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Published by Brahim Senouci
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horticaire 21/04/2010 09:55


Ce genre de texte s'adresse aux "jeunes" issus de l'immigration, il tente de leur inculqué les idées du monde occidentale en attirant leur attention en allant plus ou moins dans leur sens.
Autrement dit : combattre le religieux par le nationalisme...


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