Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
29 avril 2009 3 29 /04 /avril /2009 09:45

Voici un texte d'Amaya Galili, une activiste israélienne appartenant à un groupe nommé Zochrot et dont l'objet est de faire prendre conscience à l'opinion israélienne de la réalité de la Nakba.
Il est en version anglaise et en version française.

“Where will you be for the holiday?  Are you going to the celebrations in town?  To a picnic in the Carmel Forest?  It’s really beautiful there!  Won’t you come?  Everyone’s going.”  A few years ago I would have joined them; a picnic out in the country – what could be wrong with that?  But something changed.  People around me are celebrating, but I’m not.

Once, at one of the picnics, I came across the remains of an old building with a blue dome.  I discovered that it had belonged to the village of Ein Ghazal.  IDF soldiers expelled its Palestinian residents on 26.7.1948, Israel prevented them from returning, and planted the Carmel Coast Forest among the ruins of the buildings it demolished.  It was difficult to see the remains, but once I did I could no longer ignore them - the ruins of villages where people lived until 1948.

The nakba (which means “great catastrophe” in Arabic) began in 1948, when the Zionists began to expel most of the Palestinian inhabitants, to demolish their homes and erase the rich Palestinian culture.  The nakba continues today with destruction of Palestinian buildings, mosques and cemeteries, expropriation of land for the benefit of Israeli Jews, institutionalized discrimination, refusal to allow Palestinian refugees to return home, military occupation of the West Bank and Gaza, systematic killings in Gaza, most of whose residents are refugees, and more.  We don’t want to see or hear any of this, and certainly not on Independence Day.

As I spoke with people about the nakba, and learned more about it, I began to ask myself questions and began to get worried.  A crack opened in what I had known, and in my identity.  The crack made me continue questioning.  This educational process allows me to rethink my life here.  The nakba isn’t only the Palestinian’s memory and history.  It’s also an event that is a part of my individual and collective memory and identity as an Israeli.

The Israeli collective memory emphasizes the Jewish-national history of the country, and mostly denies its Palestinian past.  We, as a society and as individuals, are unwilling to accept responsibility for the injustice done to the Palestinians, which allows us to continue living here.  But who decided that’s the only way we can live here?  The society we’re creating is saturated with violence and racism.  Is this the society in which we want to live?  What good does it do to avoid responsibility?  What does that prevent us from doing?

Learning about the nakba gives me back a central part of my being, one that has been erased from Israeli identity, from our surroundings, from Israeli education and memory.  Learning about the nakba allows me to live here with open eyes, and develop a different set of future relationships in the country, a future of mutual recognition and reconciliation between all those connected to this place.

Accepting responsibility for the nakba and its ongoing consequences obligates me to ask hard questions about the establishment of Israeli society, particularly about how we live today.  I want to accept responsibility, to correct this reality, to change it.  Not say, “There’s no choice.  This is how we’ve survived for 61 years, and that’s how we’ll keep surviving.”  It’s not enough for me just to “survive.”  I want to live in a society that is aware of its past, and uses it to build a future that can include all the inhabitants of the country and all its refugees.

Recognizing and implementing the right of return are necessary conditions for creating that future.  The refugees’ right of return is both individual and collective.  Return does not mean more injustice and the expulsion of the country’s Jewish inhabitants.  As has occurred elsewhere in the world, ways can be found to implement the return of the refugees without expelling the country’s current residents.  That’s what should happen here, and it’s possible.  Implementing the right of return will allow us, Jewish Israelis, to end our tragic role of occupiers. 

Life doesn’t have to be a zero-sum game.  There are other alternatives.  Palestinians and Jews can together build a society that is just and egalitarian.  People will live sanely, not perpetually anxious and in fear of war.  And then?  Then we’ll really have a happy holiday.


Amaya Galil
Zochrot



“Où seras-tu pour le vacances? Vas-tu en ville assister aux célébrations? A un pique-nique à la forêt de Carmel? C’est vraiment beau là-bas! Tu ne veux pas pas venir? Tout le monde y va.
Quelques années auparavant, j’aurais accepté de me joindre au groupe; un pique-nique à la campagne – Quel mal à ça? Mais quelque chose a changé. Les gens autour de moi font la fête, mais pas moi.
Une fois, à l’un de ces pique-nique, J’ai traversé les ruines d’une vieille bâtisse surmontée d’un dôme bleu. J’ai découvert que cette bâtisse apartenait au village d’Aïn Ghazal. Les soldats israéliens en ont expulsé les habitants le 26 juillet 1948. Israël les a empêché d’y revenir et a planté la Forêt de Carmel parmi les ruines des des bâtisses qu’il a détruites. Il était difficile de voir ces ruines, mais une fois que ce fut fait, je ne pouvais plus les ignorer – les ruines des villages dans lesquels des gens ont vécu jusqu’en 1948.
La Nakba (qui signifie "grande catastrophe" en arabe) a commence en 1948, quand les sionistes ont commencé à expulser la majeure partie des habitants palestiniens, à détruire leurs maisons et à faire disparaître la riche culture palestinienne. La Nakba continue aujourd’hui avec la destruction d’édifices palestiniens, de mosques, de cimetières, d’expropriation de terres au benefice d’Israéliens juifs, de discrimination institutionnalisée, de refus d’autoriser les réfugiés palestiniens de revenir chez eux, d’occupation militaire de la Cisjordanie et de Gaza, de tueries systématiques à Gaza, region don’t la majorité des residents sont des réfugiés, etc. Nous ne voulons pas voir ni entendre cela, encore moins le Jour de l’Indépendance.
Quand j’ai parlé à des gens de la Nakba, quand j’appris advantage sur ce sujet, j’ai commence à me poser des questions et à me sentir tracassée. Une fracture s’est opérée dans ce que je savais et dans mon identité. Cette fracture m’a amenée à continuer de me questionner. Ce processus me permet de repenser à ma vie sur cette terre. La Nakba n’est pas seulement la mémoire et l’histoire des Palestiniens. C’est aussi un événement qui fait partie de ma mémoire individuelle et collective et de mon identité d’Israélienne.

La mémoire collective israélienne insiste sur l’histoire juive-nationale du pays et dénie majoritairement son passé palestinien. Nous, en tant que société et en tant qu’individus, refusons d’accepter la responsabilité de l’injustice perpétrée envers les Palestiniens, ce qui nous permet de continuer à vivre ici. Mais qui a decidé que c’était la seule manière de vivre ici? La société que nous sommes en train de créer est saturée de violence et de racism. Est-ce la société dans laquelle nous voulons vivre? Qu’y a-t-il de bon à refuser d’assumer sa responsabilité? Qu’est-ce que cela nous empêche de faire?
Apprendre la Nakba me donne en retour une place central de mon être, celle qui a été efface de mon identité israélienne, de mon environnement, de mon education israélienne, de ma mémoire. Apprendre la Nakba me permet de vivre ici les yeux ouverts, et developper une autre manière d’envisager à l’avenir les relations dans le pays, un avenir de reconnaissance mutuelle entre tous ceux qui ont un lien avec ce lieu.
Accepter la responsabilité pour la Nakba et ses conséquences m’oblige à poser des questions difficiles sur l’établissement de la société israélienne, en particulier sur la manière dont nous vivons aujourd’hui. Je veux accepter la respopnsabilité, corriger la réalité, la changer. Il ne faut plus dire: "Nous n’avons pas le choix. C’est ainsi que nous avons pu survivre pendant 61 ans et c’est ainsi que nous continuerons à survivre." Il ne me suffit pas de "survivre". Je veux vivre dans une société qui connaît son passé, et qui l’utilise pour construire un avenir qui inclut tous les habitants du pays et tous les réfugiés.
Reconnaître et appliquer le droit au retour sont les conditions nécessaires pour l’avènement de ce futur. Le retour ne signifie pas plus d’injustice et l’expulsion des Juifs du pays. Comme cela s’est produit ailleurs dans le monde, des moyens peuvent être trouvés pour que le retour des réfugiés dans le pays se fasse sans en expulser les résidents actuels. C’est ce qui devrait se passer ici et c’est possible. Appliquer le droit au retour nous permettra, à nous, Juifs d’Israël, d’en finir avec le rôle tragique d’occupants.
La vie ne doit pas être un jeu à somme nulle. Il y d’autres alternatives. Palestiniens et Juifs peuvent construire ensemble une société juste et égalitaire. Les gens vivront sainement, sans être perpétuellement anxieux et sans avoir peur de la guerre.
Et alors? Alors, nous aurons vraiment de bonnes vacances.

Amaya Galil
Zochrot

Traduction: Brahim SENOUCI
 

Partager cet article

Repost 0
Published by Brahim Senouci
commenter cet article

commentaires

Arthur Gohin 14/05/2009 16:12

Cette journaliste se fait bien des illusions, plus que son intelligence ne l'y autorise. Les israéliens ont commis trop de crimes pour annoncer une réconcilliation qui tombe du ciel; comment est-il possible que les colons restent sur place après avoir détruit la vie palestinienne de toutes leurs forces et leur cynisme?
Et concrétement, le retour des palestiniens des camps de réfugiés ne peut se faire sans le retour de la majorité des Israéliens dans leur pays d'origine... cette charmante dame veut-elle donner l'exemple?
Enfin sur le fond une population israélienne juive d'un racisme hallucinant peut-elle accepter de changer de fond en comble son esprit?

Présentation

  • : Le blog de Brahim Senouci
  • Le blog de Brahim Senouci
  • : Billets d'humeur
  • Contact

Recherche

Liens